‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 258 sur 449 · ACTE II, SCÈNE II. f · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II. f

M. DUBRIÀGE.

Pitié, dis-tu ?

GEORGE

Pardon : c'est qu'il est incroyable Que moi, qui près de vous ne suis qu'un pauvre diable, Sois plus heureux pourtant : c'est un chagrin que j'ai.

M. DUBRIÂ&E.

De ta compassion je te suis obligé ; Mais changeons de sujet.

(il se lève.) GEORGE.

Très volontiers. Encore, Si, pour charmer, monsieur, l'ennui qui vous dévore, Vous aviez près de vous quelque proche parent !...

M. DUBRIAGE.

Oui ! tu vois mon neveu !...

GEORGE

Mais cela me surprend ; Et, vraiment, je ne puis du tout le reconnaître.

A propos, tu l'as vu longtemps?

GEORGE

Je l'ai vu naître.

Depuis, pendant dix ans, j'ai vécu près de lui. «

M. DUBRIAGE.

Mais dis, George, d'après ce qu'il est aujourd'hui, 11 devait donc avoir un bouillant caractère ?

GEORGE

Eh ! n«n, il était doux.

M. DUBRIAGE-

Bon!

GEORGE

A ne vous rien taire, Moi, je ne saurais croire à ce grand changement : Il faut qu'on l'ait...

M. DUBRIAGE.

Tu dis qu'il était doux ?

GEORGE

Charmant !

Sa mère ne pouvait se passer de sa vue. Hélas I son plus grand tort est de l'avoir perdue. Un oncle lui restait; mais il ne l'a point vu.

M. DrBRIA(;E, à part.

Hélas !

286 LE VIEUX CKLIBATAIBE.

Chut !

GEORGE

Abandonné dès lors au dépourvu...

M , D U B R I A G E , voyant veuir Ambroise.

Page 1