‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 266 sur 449 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

AMBROISE

C'est différent. J'entends ; c'est vous qui souhaitez Entrer ici ?

LAURE

Du moins, si vous le permettez.

Voulez-vous bien jeter les yeux sur cette lettre ?

AMBROISE, s'assevant.

Vous tremblez!

LAURE

Moi... pardon.

AMBROISE

Tâchez de vous remettre... Voyons... « Sage, bien née et docile... » Il suffit.

(Regardant Laure très fixement.)

Votre air s'accorde assez avec ce qu'on m'écrit.

LAURE

Vous êtes trop honnête.

AMBROISE

On vous appelle ?

LAURE

Laure.

AMBROISE

Et votre âge... vingt ans?

LAURE

Pas tout à fait encore.

AMBROISE

Bon. Avez- vous servi déjà?

LAURE

Qui, moi?... jamais.

Je ne servirai point ailleurs, je vous promets.

AMBROISE

Vous n'êtes pas, je crois, mariée?

LAURE

A Ynon âge, Sans fortune, peut-on songer au mariage ?

Plus je vous interroge, et plus je m'aperçois

(Se levant.)

Que vous me convenez... Allons, je vous reçois.

LAURE

Monsieur, c'est trop d'honneur que vous daignez me faire.

AMBROISE

Oh ! non ; je vois cela, vous ferez mon affaire. J'en préviendrai monsieur ; car il est à propos Qu'ensemble ce matin nous en disions deux mots :

Maisj'en réponds. Au reste, il est bon de vous dire Où vous êtes, comment vous devez vous conduire.

LAURE

J'écoute.

AMBROISE

Vous saurez que vous avez ici Plus d*un maître à servir.

LAURE

On me Fa dit aussi.

AMBROISE

Moi, le premier.

LAURE

Oh ! oui.

Puis, pour la gouvernante, Madame Evrard, soyez docile et prévenante. Monsieur la considère, et moi, j'en fais grand cas : Servez-la bien.

LAURE

Monsieur, je n'y manquerai pas,

AMBROISE

Enfin, il faut avoir pour monsieur Dubriage Les égards et les soins que l'on doit à son âge : C'est un homme de bien, respectable d'abord, Riche d'ailleurs, qui peut faire un jour votre sort.

LAURE

Par un motif plus pur déjà je le révère.

AMBROISE

C'est tout simple : surtout souvenez- vous, ma chère, Que c'est Ambroise seul qui vous a fait entrer.

LAURE

Je n'oublîrai jamais, j'ose vous l'assurer.

Que, si dans la maison j'occupe cette place.

C'est à vos soins, monsieur, que j'en dois rendre grâce.

AMBROISE

Pas mal. Allons, je crois que je serai content.

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