‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 268 sur 449 · CHARLE, LAURE · texte numérisé non relu

CHARLE, LAURE

CHARLE

Te voilà donc entrée I Ah 1... nous verrons un peu S'ils feront déguerpir la nièce et le neveu !

LAURE

Je suis tremblante encor.

CHARLE

Rassure-toi, ma chère.

Mon oncle va te voir; il suffit, et j'espère. Il entendra bientôt le son de cette voix Qui sut toucher mon cœur dès la première fois... Ah I je voudrais déjà qu'à loisir il l'eût vue !

LAURE

Je désire à la fois et crains cette entrevue ; Cette madame Evrard, ô Dieu, que je la crains!

CHARLE

Qu'elle est fausse et méchante !

296 LE VIEUX CIOLIBATAIRE.

En ce cas, je la plains.

CHARLE

Chère épouse ! faut-il qu'à feindre de la sorte Le destin nous réduise !

LAURE

Ehl Charte, que m'importe?

Je serai près de toi : loi seul fais tout mon bien ; Tu me liens lieu de tout; le reste ne m'est rien. Mon ami, sans compter ce pénible voyage. J'ai bien eu du chagrin depuis mon mariage ; Mais tu me consolais ; nous mêlions nos douleurs : Et ces deux ans, passés ensemble dans les pleurs. Sont encor les momens les plus doux de ma vie.

CHARLK.

Va, mon sort, quel qu'il soit, est trop digne d'envie...

LAURE

Mais adieu; car je crains...

CHARLE

A peine pouvons-nous Peindre nos sentiments.

LAURE

Ils n'en sont que plus 'doux ; Adieu, Charle.

CHARLE

Au revoir.

LAURE^ en sortant.

Au revoir.

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