ACTE IV, SCÈNE II
CHARLE
Mais non : plutôt que de prendre d'avance, 11 vaut mieux m'informer de tout ceci, je croi : Alors...
M. DUBRIAGE.
Soit. J'ai bien fait de m'adresser à toi.
CHARLE
Oui.
M. DUBRIAGE.
Du fils de ma sœur après tout c'est la femme. Lui- môme je l'ai plaint dans le fond de mon âme : Je le traite encor mieux qu'il ne l'eût mérité. Je l'aurais mille fois déjà déshérité.
Si j'eusse voulu croire à certaines personnes... Que, sans te les nommer, peut-être tu soupçonnes.
CHARLE
Oui, je crois. . .
Mais, malgré mes griefs contre Armand, Je répugnai toujours à faire un testament : Que l'on donne ses biens, soit ; alors on s'en prive : Mais être généreux, lorsque la mort arrive... On ouvre un testament, ces premiers mots sont lus : w Je veux... » On dit encor je'veux, quand on n'est plus. Ma fortune, dit-on, est le fruit de mes peines... Mais ces peines... que sais-je?... eussent été bien vaines Si mon oncle, en mourant, ne m'eût laissé ses biens. A mon neveu de môme il faut laisser les miens : Qu'il les recueille donc ; et puis, s'il en abuse, » Tant pis pour lui ; mais moi, je serais sans excuse. Si j'allais l'en priver. Vivant, je l'ai puni ; C'en est assez : je meurs; mon courroux est fini. N'est-ce pas?
CHARLE
Moi, monsieur, sur une telle affaire, Je ne puis, je le sens, qu'écouter et me taire.
M. DUBRIAGE.
Ah ! çà, tu promets donc de faire comme il faut Cette commission ?
CHARLE
Oui, monsieur, et plus tôt Que vous ne pouvez croire : et même je vous quitte, Afin de m'en aller occuper tout de suite.
M. DUBRIAGE.
Bon enfant !
(Charle sort.)
32 4 LE VIEUX CELIBATAIRE.