‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 312 sur 449 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

M. DUBRIAGE, MADAME EVRARD, AMBROISE

M. DUBRIAGE.

Qu'avez-vous, Ambroise ?

AMBROISE

Ahl... j'étouffe de courroux!

On m'a trompé... que dis-je? on nous a trompés tous. Cette Laure, qu'ici l'on me fait introduire...

MADAME EVRARD

Eh! mon Dieu, nous savons ce que vous voulez dire.

aMbroîse.

Vous sauriez déjà...?

MAbAME EVRARD.

Tout; et ce n'esl pas, je croi,

De quoi tant se fâcher, Ambroise.

ÂMBROISE.

Pas de quoi I Comment! lorsque j'apprends...!

MADAME EVRARD

Oui, que madame Laure Est nièce de monsieur..

AMBROISE

Vous VOUS trompez encore ; Elle n'est point sa nièce.

M. DUBRIAGE.

Elle n'est pas. . .

AMBROISE

Ehl non.

Je sors de chez La Grange ; il m'a tout dit.

MADAME EVRARD

Quoi donc ?

AMBROISE

Il m'a dit que d'Armand Laure n'est point la femme, Mais une aventurière.

MADAME EVRARD

Allons !

AMBROISE

Paix donc, madame !

Mais comment écouter des contes?

AMBROISE

Un moment.

Elle est bien deColmar : elle connaît Armand. Sans peine elle aura su qu'à Paris ce jeune homme Avait un oncle riche ; elle entend qu'on le nomme : Elle écoute, s'informe, et recueille avec soin Tous les renseignements dont elle aura besoin : Elle part ; de Paris elle fait le voyage, Et s'offre comme nièce à monsieur Dubriage.

M. DUBRIAGE.

0 ciel! qu'entends-je? Eh ! mais...

MADAME EVRARD

Il se pourrait, monsieur...?

M. DUBRIAGE.

Non, Ambroise se trompe, et l'air seul de candeur. . .

AMBROISE

De candeur 1 c'est encor ce que m'a dit La Grange... Elle connaît son monde, et là-dessus s'arrange: Elle sait que monsieur est un homme de bien.

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