ACTE V. SCÈNE VJ
MADAME EVRARD
Qu'importe? je ne vois qu'une chose en ceci : Si Laure est à Golmar, elle n'est pas ici.
AMBROISE
Parbleu ! je disais bien que ce n'était pas elle. Vous voyez si j'ai fait un rapport infidèle !
M. DUBRIÂGE.
Je ne le vois que trop. Je demeure frappé
Comme d'un coup de foudre... Elle m'aurait trompé î
MADAME EVRARD
Rien ne parait plus clair... Mais, ô ciel I quelle trame !
AMBROISE
Affreuse I Allons, je vais renvoyer cette femme.
M. DUBRIAGE.
Non, non ; je veux la voir, moi-même la chasser...
MADAME EVRARD
Gomment ! vous ?
Oui, je veux lui faire confesser...
MADAME EVRARD
Vous ne la verrez pas, monsieur, c'est impossible ; Non, cela vous tuerait : vous êtes trop sensible : Eh ! j'ai moi-môme ici peine à me contenir. J'étais d'abord pour elle, il faut en convenir. Mais cet horrible trait me révolte et m'indigne... Et vous la verriez 1 Non. Que cette fourbe insigne Sans retour disparaisse. Ambroise, avant la nuit, Faites-la déloger sans scandale et sans bruit.
AMBROISE
A l'instant je m'en charge, et de la bonne sorte.
M. DUBRIAGE.
Ne la maltraitez pas.
MADAME EVRARD
Il suffit qu'elle sorte.
AMBROISE
Oui, Laure va sortir.. . . tout à l'heure...