ACTE I, SCÈNE VII
Qui songent moins à voir qu'à se montrer eux-môme : Voilà ce qu'on appelle une course I
FLORVEL
Et le soir I Lasses d'avoir couru, nos belles vont s'asseoir...
FORMONT
Oui, sans doute, en un coin de vos Champs-Elysées, Aux boulevards ; alors, vos dames plus posées, Se promènent galment, sans espace et sans air.
FLORVEL
Elles n*ont pas le don de te plaire, mon cher : Je te plains ; quant à moi, je les adore.
FORMONT
Adore !
Les femmes, viens-tu dire? Ah! s'il en est encore Qui chérissent le goût, les mœurs elle bon sens, Que d'autres je retrouve, après cinq ou six ans, Oui, que j'avais pu voir, modestes, ingénues, Qui, lestes maintenant, et presque demi-nues...
M. MORAND
Ah!
FORMONT, TÎvement.
Quand la chose existe, on peut dire le mot.
FLORVEL
Enfin, c'est le bon ton.
FORMONT
Je ne suis donc qu'un sot ; Garce bon ton, à moi, ne me conviendrait guères.
M. MORAND
Forment ne se fera jamais à nos manières.
Oh ! non, jamais.
MADAME DIRVAL.
Mon frère, il ne faut rien outrer ; Et surtout, ce matin, n'allez point altérer La satisfaction que vous avez goûlée.
FORMONT
Il est vrai; chère sœur, je t'ai bien regrettée. De ce jardin sads-tu seulement le chemin?
MADAME DIRVAL.
Hélas! non.
FORMONT
Si tu veux, je t'y mène demain.
MADAME DIRVAL.
Je vous suis obligée.
FLORVEL
Ah ! bon I à la môme heure !
FURMONT.
Pourquoi non ?
FLORVEL
Juste ciel ! tu veux donc qu*elle en meure ?
FORMONT
Eh ! vous faites bien pis, et vous n'en mourez pas.
Il 0, ma foi, raison ; mais on m*aUend là-bas. Adieu : jasez, courez; moi, je vais à la Bourse.
(Ilsort.)