‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 372 sur 449 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

Et VOUS semblez à peine apprécier le mien.

MADAME VERSEUIL

Que vous êtes injuste!...

M. MORAND

Eh î non, je suis sincère.

MADAME VERSEUIL

Ingrat I eh bien, je vais vous prouver, au contraire, Combien votre entretien m'est cher; car, entre nous. J'épiais le moment de causer avec vous.

M. MORAND

Est-il vrai ?

MADAME VERSEUIL

Vous croyez, monsieur, que je plaisante : Mais non : sur une affaire assez intéressante Je veux vous consulter; en un sujet pareil. Vous pourrez me donner un excellent conseil.

M. MORAND

Qui? moi, madame?

MADAME VERSEUIL

Eh oui : tenez, on me propose.

Ou plutôt on me presse...

Et de quoi?

MADAME VERSEUIL

D'une chose...

Qui pourra vous surprendre, et qui m'a su tenter.

M. MORAND

Qu'est-ce donc, par hasard ?

MADAME VERSEUIL

Eh ! mais... c'est d'acheter Une petite terre, ah ! tout à fait jolie. Et que je connais bien ; mais c'est une folie : Oh! oui.

M. MORAND

Bon! qui pourrait vous empocher?...

MADAME VERSEUIL

Le prix.

C'est dommage : un bijou, surtout près de Paris, A Meudon.

M. MORAND

A Meudon? position heureuse.

MADAME VERSEUIL

Charmante! une maison vraiment délicieuse ! Et des jardins, des eaux... !

4ââ LES HOBURS DU JOUR.

M. HORâND.

Eh bien donc, en ce cas, Pourquoi refuser?...

MADAME VERSEUIL

Non, je ne Tacheté pas:

Je peux bien, après tout, me passer d'une terre.

M. MORAND

Mais puisqu'elle vous plaît. . .

MADAME VERSEUIL

Oui, mais elle est trop chère :

On parle de...

M. MORAND

Combien... ?

MADAME VERSEUIL

Cinquante mille francs :

J'en ai bien la moitié... j'y renonce et j'attends.

M. MORAND

Comment I vous devenez bien sage, belle dame I

MADAME VERSEUIL

Soit. Je n'ai qu'un regret, mon cher, au fond de l'âme

M. MORAND

Un regret...?

MADAME VERSEUIL

Oui, j'avais un séduisant espoir.

M. MORAND

Ah! ah! lequel...?

MADAME VERSEUIL

Celui de vous y recevoir.

M. MORAND

Madame... assurément...

MADAME VERSEUIL

Voilà ce qui m'afflige ; Il faut y renoncer. N'en parlons plus, vous dis-je.

M. MORAND

Et pourquoi donc faut-il que vous y renonciez ?

MADAME VERSEUIL

Pourquoi ?

M. MORAND

Si j'exigeais que vous l'achetassiez ?

MADAME VERSEUIL

Oh ! non, je vous connais : vraiment ! vous seriez homme...

M. MORAND

Au fait... si vous avez la moitié de la somme, J'ai l'autre : dès demain on vous la prêtera ; Et madame à Meudon bientôt me recevra,

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