SCÈNE V
Les MÊMES, MADAME DIRVAL.
MADAME VERSEUIL
Bon Dieu ! qu'avez vous, belle enfant ?
MADAME DIRVAL.
Je suis au désespoir : vous voyez une folle, Oui, qui perd cent louis, encore sur parole ; Car je n'ai pas un sou.
MADAME VERSEUIL
Quoi ? cent louis ? bon Dieu !
Oui, tout autant.
MADAME VERSEUIL
Sophie est malheureuse au jeu.
M. MORAND
Elle n'est pas la seule.
(A part.)
Elle a dessein, je gage, De m'emprunter ; sachons détourner cet orage.
(Haut.)
Je conçois ton chagrin ; car j'en éprouve autant.
MADAME VERSEUIL
Gomment donc ?
M. MORAND
Oui, je perds moi-môme, dans Tinstant, Et non pas cent louis seulement, mais deux mille.
MADAME DIRVAL.
Mon oncle...
M. MORAND
Les trouver ne sera pas facile ; Car il faut que j'emprunte...
MADAME VERS EU IL, gaiement.
En ce cas, vous pourriez Emprunter cent louis de plus.
M. MORAND à madame VerseuiL
Oh ! oui, riez...!
Ma nièce, en vérité, j'ai regret... vois ton frère ; Il sera plus heureux : moi, je ne puis tout faire ; Car, vois-tu ? mille soins mê tourmentent Tesprit. Adieu.
(a madame Verseuil.)
N'oubliez pas ce que je vous ai dit.
MADAME VERSEUIL, en minaudant.
Encore...? oh ! non.