ACTE V, SCÈNE Vf II. 'l'iî
MADAME DIRVAL à son mari.
Tu vois de fidèles amis, Dirval, à qui je dois une reconnsdssance... ! Es m'ont sauvée. . .
MADAME EULER, vivement.
Eh ! oui, des peines de l'absence,
MADAME DIRVAL.
Non, ils ni*ont garantie, et de maux plus réels,
De dangereux écueils et de pièges cruels :
En un mot, ils ont su me sauver de moi-mAme.
FORMONT
Ma sœur !...
MADAME DIRVAL.
Je puis tout dire à cet époux que j'aime.
DIRVAL.
Oui, ma chère Sophie, et toujours ta candeur
Te rend plus estimable et plus chère à mon cœur.
MADAME EULER
Vous lui rendez justice.
MADAME DIRVAL à M. Morand.
Agréez d'une nièce Tous les remercîments, pour les soins, la tendresse Dont VOUS l'avez comblée.
Oui, cher oncle; et croyez Que ma reconnaissance. ..
M. MORAND
Allons donc ! vous riez.
MADAME DIRVAL.
Je VOUS fais dès ce soir mes adieux.
M.MORAND
Bon!
FLORVEL
Qu'entends-je ?
Quoi, vous partez, cousine ?
MADAME DIRVAL.
Oui.
M . MORAND
Quel dessein étrange !
Il arrive, et tu pars.
DIRVAL.
Au fait, je suis surpris...
J'ai crii que tu m'allais faire <in peu voir Paris.
M. MORAND
Eh ! oui.
MADAMK DIRVAL, à son frère.
Par complaisance il resterait peut-être; Mais il m'aimera mieux sous notre toit champêtre.
J'en réponds ; et je pars dès demain si tu veux.
DIRVAL.
Moi je ne reste pas si vous partez tous deux.
FLORVEL
Ainsi vous nous quittez, trop ingrate Sophie !
MADAME DIRVAL.
Ingrate ! eh ! mais, en quoi ?
M. MORAND
Que je vous porte envie !
Vous allez vivre aux champs, trop heureux !
FORMONT
Le Vallon Vous est toujours ouvert, mon cher oncle ; mais bon ! Paris ne donne pas le bonheur, non sans doute ; Il empêche, dit-on, qu'ailleurs on ne le goûte.
MADAME EULER
Ah ! ce n'est pas Paris qui m*en empêcherait.
MADAME DIRVAL.
Ce n*est pas lui non plus qui cause mon regret.
DIRVAL à madame Euler.
Euler et vous, pourquoi ne pouvez vous nous suivre ?
MADAME EULER
A la campagne tous nous ne pouvons pas vivre ; Les devoirs les plus chers m'arrêtent en ces lieux.
Hélas ! tant pis pour nous, mais pour Paris tant mieux. Moi je retourne enfin à ma chère campagne ; J'y ramène ma sœur, Dirval nous accompagne; Et je vais retrouver ma femme et mes enfants : Je suis heureux : adieu, Paris, et pour longtemps.