‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 41 sur 449 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

ÉLIANTE, M. DOLBAN.

J'ai l'honneur de parler à madame Éliante ?

ÉLIANTE

Oui, monsieur.

M. DOLBAN.

Librement à vous je me présente, Madame... Mais je suis Dolban, ambassadeur Deux foiS) à Pétersbourg, à Madrid.

ÉLIANTE

Ah I monsieur i Votre nom m'est connu.

M. DOLBAN.

J'ai cru que, sans scrupule, Je pouvais supprimer tout fade préambule. Je m'explique en deux mots. Floriraond, mon neveu, Brûle de voir l'hymen couronner son beau feu. S'il est digne à vos yeux d'une faveur si grande, J'ose en venir pour lui faire ici la demande.

ÉLIANTE

(A part.) (Haut.)

Je respire : voilà tout son secret. Monsieur, La demande pour moi n'a rien que de flatteur ; Et, d'un début si franc bien loin d'être surprise. Je m'en vais y répondre avec môme franchise. Monsieur votre neveu, dès que je le connus. M'inspira de l'estime... et, s'il faut dire plus, 11 m'inspira bientôt un sentiment plus tendre. C'est bien assez, je crois, monsieur, vous faire entendre Quel prix j'attache aux soins qu'il me rend aujourd'hui.

Que de grâces je dois vous rendre ici pour lui 1

ÉLIANTE

Un peu trop librement peut-être je m'exprime,

M. DOLBAN.

Gela ne fait pour vous qu'augmenter mon estime, Madame ; ce ton-là fut toujours de mon goût.

ÉLIANTE

En ce cas, permettez que, franche jusqu'au bout, D'une crainte que j'ai je vous fasse l'arbitre : Estimable d'ailleurs, et même à plus d'un titre, Généreux, ^lein d'honneur... monsieur votre neveu Passe pour inconstant... et je le crains un peu.

M. DOLBAN.

Rassurez- VOUS, madame ; on peut bien, à cet âge. Etre vif et léger, et même un peu volage ; Mais fût-il inconstant, c'est un léger défaut Dont près de vous, sans doute, il guérirait bientôt:

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