‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 419 sur 449 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

LUBIN

Eh! oui, s'il ne l'aime déjà.

MADEMOISELLE DOLBAN.

Si vite?

LUBIN

En un clin d'œil, Monsieur se passionne ; . Et puis l'étonnement de voir une personne... Tout autre...

MADEMOISELLE DOLBAN.

En quoi?

LUBIN

Sans doute; il ne s'attendait pas A la voir ce qu'elle est : on nous disait, là-bas. Que cette demoiselle était capricieuse, Babillarde, étourdie, et surtout très railleuse...

MADEMOISELLE DOLBAN , cachant avec peine son dépit.

Quoi 1 l'on vous avait dit?...

LUBIN

Vraiment ; aussi. Dieu sait Comme, avant de la voir, Monsieur la haïssait I

MADEMOISELLE DOLBAN.

Me... la haïssait?

LUBIN

Oui.

MADEMOISELLE DOLBAN.

Lubin juge, raisonne L

LUBIN

C'est notre droit, à nous : par exemple, friponne ! Votre joli minois...

Soyez moins familier.

Hé bien donc, votre maître?...

LUBIN

Ah ! j'allais l'oublier, Mon maître ; car Marton sait si bien me distraire !

MADEMOISELLE DOLBAN.

Ne vous dérangez pas.

LUBIN

Ça m'arrange, au contraire.

Comme mon maître, ici, je suis tout près d'aimer.

MADEMOISELLE DOLBAN.

Soit; mais je ne suis pas si prompte à m'enflammer Que ma maîtresse, moi.

LUBIN

Bah ! ton charmant visage

/i84 MALICE POUR MALICE.

LUBIN, à part.

Les singulières femmes !

(a demi-voix.)

J'ai donné des baisers, en ma vie, au moins cent, Qui n'ont pas fait moitié tant de bruit.

(n sort.) MADAME DOLBAN.

L'insolent !

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