ACTE II, SCÈNE XI
Vous savez bien...
FLORIMEL, bas, à Eusébie.
Eh ! oui, je sais très- bien, ma chère ; Aussi, fais-je semblant d'être fort en colère.
MADEMOISELLE DOLBAN, à Florimel.
Eh ! ne l'écoutez pas : il était à ses pieds, Ici même.
FLORIMEL, à Raimond et à Eusébie.
Tous deux, ainsi, vous me trompiez !
RAIMOND
Moi ? qu'avais-je promis ?
FLORIMEL.
Un amoureux mystère !
(a Raimond.)
Et lorsque vous savez quel est mon caractère !
EUSÉBIE
Oh 1 oui, très violent.
FLORIMEL.
Quand l'honneur est blessé...
RAIMOND
L'honneur ? eh ! mais, de grâce, en quoi l'ai-je offensé ?
FLORIMEL.
C'est me manquer, enfin.
RAIMOND
En ce cas, je suis homme A vous faire raison...
FLORIMEL.
Demain, je vous en somme.
ÉUSÉBIE.
Ciel ! ils vont s'égorger, pour un mot !
(a mademoiâeile Dolban.)
Et voilà Le fruit de vos rapports, fille injuste !
FLORIMEL, bas à Eusébie.
Bravo !
Vous jouez comme un ange.
MADEMOISELLE DOLBAN, bas, à ï'iorimel.
Applaudissez ; courage !
Elle joue, en effet, très-bien.
FLORIMEL, bas.
Eh ! oui.
MADEMOISELLE DOLBAN.
J'enrage.
EUSÉBIE, a£fectant un grand sérieux.
Mon frère, c'est pousser l'emportement trop loin.
Monsieur n'a point de tort, aucun, j'en suis témoin ; Et c'est vous seul ici, qui lui faites injure.
FLORIMEL.
Je suis trop vif, mon cher, pardon, je vous conjure.
RAIMOND
Soit.
MADEMOISELLE DOLBAN.
Vous ne voyez pas ?
FLORIMEL.
Laisse-nous en repos, Marton ; j'en ai besoin, moi ; je souffre !...
RAIMOND, à demi-voix.
A propos, Ce duel ?
FLORIMEL, de même.
J'ai d'abord tué mon adversaire.
EUSÉBIE
Ciel!
MADEMOISELLE DOLBAN.
Vous ôtes blessé ?
FLORIMEL.
La blessure est légère.
RAIMOND
Quoi ! sérieusement, blessé. Monsieur ?
FLORIMEL.
Très-peu.
Oui, la balle a glissé.
RAIMOND
Voyons, de grâce.
(il lui touche le bras.) FLORIMEL.
Ah 1 Dieu I Vous m'avez fait un mal !...
RAIMOND
£h I mais^ cette blessure N'est point un coup de feu, mon cher, je vous assure.
FLORIMEL.
Comment donc ?
On ne peut tromper les gens de l'art C'est un poignet foulé.
EUSÉBIE
Boni
RAIMOND
Oui, si, par hasard,