SCÈNE X
M. DOLBAN, FLORIMOND.
M. DOLBAN, de loin, à part.
Mais le voici ; je vais faire un homme bien aise.
(Haut.)
é bien, n
Hé bien, l'ambassadeur connaît fort notre Anglaise.
FLORIMOND
Vraiment ?
11 m'en a fait un éloge complet.
Moi-môme je l'ai vue, et la trouve en effet Telle que tous les deux vous me l'aviez dépeinte. Je déclare tes feux, elle y répond sans feinte; Je demande sa main, et'sa main est à toi :
J'ai couru jusqu'ici pour fuir ce mariage. Je vous ai fait tantôt honneur de ce voyage, Et je n'ai qu'en cela blessé la vérité : Encore, pour le faire, il m'en a bien coûté. Mais tout le reste est vrai : mon ardeur se réveille, Dès qu'ici votre nom vient frapper mon oreille; Et c'est de bonne foi, madame, qu'en ce jour Je jurais à vos pieds un éternel amour.
ÉLIANTE
Ah ! je respire... Et moi, trop prompte, je l'accable I... Ainsi de fausseté vous n'étiez point coupable ?
FLORIMOND
Madame, sans cela, je le suis bien assez.
ÉLIANTE
Ne parlons plus de torts ; ils sont tous effacés. Tantôt à ce pardon j'aurais osé prétendre. Mais...
ÉLIANTE
Eh bien ?
FLORIMOND
Maintenant...
Je ne puis vous entendre ; Expliquez vous.
FLORIMOND
Hélas ! si je m'explique mieux, Madame, je m'en vais vous paraître odieux.
ÉLIANTE
Votre aveu me dût-il porter un coup bien rude. Je le préfère encore à cette incertitude. Parlez, monsieur, parlez.
FLORIMOND
Eh bien, puisqu'il le faut^ C'est qu'...en vous attendant chez mon ami... tantôt... J'ai trouvé... Mais pourquoi vous perdais-je de vue? D'une charmante sœur la visite imprévue... Je ne saurais poursuivre... embarrassé, confus...
ÉLIANTE
J'entends; épargnez-moi ces discours superflus.
FLORIMOND
Un tel aveu, sans doute, a droit de vous déplaire.
ÉLIANTE
11 ne mérite pas seulement ma colère.
Adieu. (Elle sort.)