‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 440 sur 449 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

RAIMOND

D'accord ; la chose est trop certaine.

M. SAINT-FIRMIN

Lui-même il se trahit.

PLORIMEL à Raimond.

Çà, Raimond, dites-moi| Vos ordres sont donnés à Lubin?

RAIMOND

• Oui, ma foi,

Des ordres très précis ; puis, son cher camarade, Léveillé, quelque part la mis en embuscade. Et malheur au premier qui se présentera ! Lubin est fort, alerte, et d'abord il battra...

FLORIMEL.

Il m'a paru poltron, soit dit sans vous déplaire.

RAIMOND

Oui, mais comme Sancho, brutal dans sa colère.

FLORIMEL.

Ah ! çà, partageons-nous : vous, dans l'intérieur. Vous veillerez, mon oncle?

Oui, tout près de ma sœur.

A propos, elle est mieux ; nous sortons de chez elle.

RAIMOND

L'émétique a passé ?

FLORIMEL.

Mille grâces du zèle. . .

M. SAINT-FIRMIN

La bonne gouvernante est déjà mieux aussi.

RAIMOND

Je réponds d'elle.

FLORIMEL.

Bon. Mais vous êtes ici, Docteur universel.

RAIMOND

Oui, la besogne abonde*

M. SAINT-FIRMIN

J'espère que Raimond guérira tout le monde. Hais, où seras-tu, toi?

FLORIMEL.

Là-bas, près du chemin.

Seul ; et j'y resterai, s'il faut, jusqu'à demain.

M. SAINT-FIRMIN

Bon.

RAIMOND

Et quel poste, à moi, m'assignez-vous, de grâce?

FLORIMEL.

Mais, restez ici môme; oui, mon cher, cette place

Est fort essentielle à garder; car voici

La chambre de notre homme, et ma sœur loge ici.

RAIMOND

Hé bien ! soit. Votre sœur, Monsieur! à sa défense Trop heureux de veiller ! c'est là ma récompense.

FLORIMEL. *

Il est charmant, d'honneur 1 Du reste, entendons-nous : Au plus léger signal, nous volerons à vous.

RAIMOND

Ne vous dérangez pas : Raimond, je vous assure. Est homme à terminer tout seul une aventure.

M. SAINT-FIRMIN

C'est un brave !

FLORIMEL.

Oui, je vois. Ainsi nous vous laissons.

RAIMOND

Je vous en prie; allez, Messieurs, point de façons.

Sans adieu.

M. SAINT-FIRMIN

Veillez bien,

RAIMOND

Comptez-y.

FLORIMEL.

Prenez garde :

Ne vous endormez pas.

RAIMOND, les yeux tournés vers la fenêtre d'Eusébie.

Dort-on, quand on regarde?

FLORIMEL.

(Bas, à M. Saint-Firmin.)

Au revoir. Avouez que c'est un bon enfant.

M. SAINT-FIRMIN, bas.

Oui, je crois qu'on l'a fait exprès pour nous, vraiment.

(il sort avec Florimel.)

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