‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 448 sur 449 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les mêmes, MADAME DOLBAN (en déshabillé de Duit, et en

attirail de malade).

madame DOLBAN.

Comment? c'est ici que vous êtes ?

Au milieu de la nuit ! Quel tapage vous faites !

FLORIMEL.

Mais il le fallait bien : vous savez, ce voleur. . .

518 MALTCE POUR MALICE.

MADAME DOLBAN.

Ce voleur !... gardez-vous d'y croire, cher docteur : Monsieur est mon ami, mon ange tutélaire ; Je trouve tort mauvais, moi, que pour son salaire, On se moque de lui.

M. SAINT-FIRMIN (à demi-voix).

Ma sœur, de grâce...

RAIMOND

Eh I quoi?

Je ne me trompais pas, on se moque de moi.

MADEMOISELLE DOLBAN.

Oui ; fort bien ! affectez une ignorance extrême, Lorsque vous savez tout dès longtemps.

RAIMOND

C'est vous-même, Qui tous, l'un après l'autre, ici me l'apprenez. Monsieur Florimel seul hésite encor... tenez, Il va parler enfin .

FLORIMEL (à Raimond).

Eh! oui, c'est trop me taire, Puisqu'à présent pour vous ce n'est plus un mystère. Il est trop vrai, mon cher, ceci n'était qu'un jeu. A vos dépens, peut-être, on s'amusait un peu. Nous pardonnerez-vous celte plaisanterie ?

RAIMOND

De tout mon cœur ; d'abord, j'aime assez que l'on rie : Dans la pièce, d'ailleurs, j'ai pris mon rôle aussi.

MADAME DOLBAN.

Vous ! lequel donc ?

J'ai fait le médecin ici ;

(a madame Dolban.)

Mais je cesse de l'être ; et vous, d'être malade :

(a Florimel.)

Croyez-moi, reprenons nos chevaux, camarade :

(a mademoiselle Dolban.)

Le mien porte malheur : belle ÉHse, pardon Des tours que j'ai joués à la fausse Marton ; Lubin fut dans l'erreur : à la paralytique J'ai fait boire de l'eau, voilà son émétique ; Et pour l'ami Gélon, le grand Passwan-Oglou, Il a plié bagage, et fui je ne sais où.

MADAME DOLBAN.

Oh ! comme il me trompait, le traître!

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