‹ Théâtre de Collin d'HarlevilleChapitre 49 sur 449 · ACTE in, SCKNE II · texte numérisé non relu

ACTE in, SCKNE II

ÉLIANTE

J'admire un tel sang-froid. Quoi I monsieur, en ce jour, Plus tendre que jamais, plein d'une ardeur extrême, Vous n'êtes pas venu me dire : Je vous aime ?

FLORIMOND

Sans doute, je le dis, madame, j'en convien, Et, quand je le disais, mon cœur le sentait bien.

ÉLIANTE, à part.

0 ciel I à sa franchise aurais-je fait injure*? Expliquons-nous ici, monsieur, je vous conjure. M'aurait-on abusée en voulant m'informer Des nœuds que votre main était près de former ?

FLORIMOND

Non, madame.

ÉLIANTE

C'est donc vous qui m'avez trompée?

FLORIMOND

Non, madame.

ÉLIANTE

A présent me voilà retombée Dans mon incertitude et mes premiers combats. Eh quoi ! monsieur, tantôt vous ne me trompiez pas ?

FLORIMOND

Non, je suis infidèle, et ne suis point un traître.

ÉLIANTE

Point traître, dites-vous? Et n'est-ce donc pas l'êtro, Que de venir ici m'engager votre foi.

Quand vous êtes, à Brest, près d'épouser?

FLORIMOND

Qui? moi ?

Je n'épouse personne à Brest, je vous le jure.

ÉLIANTE

Monsieur, c'est trop longtemps soutenir l'imposture. 11 n'est pas vrai qu'à Brest vous êtes sur le point D'épouser Léonor ? . . .

FLORIMOND

Je ne l'épouse point.

ÉLIANTE

C'en est trop.

FLORIMOND

Jusqu'au bout écoutez-moi, de grâce ; 11 s'en est peu fallu que je ne l'épousasse. Pardonnez... envers vous je ressens tous mes torts. Mais enfin, revenu de mes premiers transports,

Page 1