ACTE in, SCKNE II
ÉLIANTE
J'admire un tel sang-froid. Quoi I monsieur, en ce jour, Plus tendre que jamais, plein d'une ardeur extrême, Vous n'êtes pas venu me dire : Je vous aime ?
FLORIMOND
Sans doute, je le dis, madame, j'en convien, Et, quand je le disais, mon cœur le sentait bien.
ÉLIANTE, à part.
0 ciel I à sa franchise aurais-je fait injure*? Expliquons-nous ici, monsieur, je vous conjure. M'aurait-on abusée en voulant m'informer Des nœuds que votre main était près de former ?
FLORIMOND
Non, madame.
ÉLIANTE
C'est donc vous qui m'avez trompée?
FLORIMOND
Non, madame.
ÉLIANTE
A présent me voilà retombée Dans mon incertitude et mes premiers combats. Eh quoi ! monsieur, tantôt vous ne me trompiez pas ?
FLORIMOND
Non, je suis infidèle, et ne suis point un traître.
ÉLIANTE
Point traître, dites-vous? Et n'est-ce donc pas l'êtro, Que de venir ici m'engager votre foi.
Quand vous êtes, à Brest, près d'épouser?
FLORIMOND
Qui? moi ?
Je n'épouse personne à Brest, je vous le jure.
ÉLIANTE
Monsieur, c'est trop longtemps soutenir l'imposture. 11 n'est pas vrai qu'à Brest vous êtes sur le point D'épouser Léonor ? . . .
FLORIMOND
Je ne l'épouse point.
ÉLIANTE
C'en est trop.
FLORIMOND
Jusqu'au bout écoutez-moi, de grâce ; 11 s'en est peu fallu que je ne l'épousasse. Pardonnez... envers vous je ressens tous mes torts. Mais enfin, revenu de mes premiers transports,