ACTE V, SCÈNE I
Écoute la pitié, si ta colère cesse; Exerce Tune ou l'autre, après de tels malheurs, A punir ma faiblesse, ou finir mes douleurs : Je demande la mort pour grâce ou pour supplice ; Qu'elle soit un effet d'amour ou de justice. N'importe; tous ses traits n'auront rien que de doux, Si je les vois partir de la main d un époux.
Quelle injustice aux dieux d'abandonner aux femmes Un empire si grand sur les plus belles âmes. Et de se plaire à voir de si faibles vainqueurs Régner si puissamment sur les plus nobles cœurs : A quel point ma vertu devient-elle réduite ! Rien ne la saurait plus garantir que la fuite. Adieu. Ne me suis point, ou retiens tes soupirs.
SABINE, seule.
0 colère! ô pitié! sourdes à mes désirs,. Vous négligez mon crime, et ma douleur vous lasse, Et je n'obtiens de vous ni supplice ni grâce! Allons-y par nos pleurs faire encore un effort, Et n'employons après que nous à notre mort.