‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 13 sur 409 · D. ARIAS, LE COMTE · texte numérisé non relu

D. ARIAS, LE COMTE

LE COMTE

Je l'avoue, entre nous, mon sang un peu trop chaud- S'est trop ému d'un mot, et l'a porté trop haut. Mais, puisque c'en est fait, le coup est sans remède.

D. ARIAS

Qu'aux volontés du roi ce grand courage cède : Il y prend grande part ; et son cœur irrité Agira contre vous de pleine autorité.

Aussi vous n'avez point de valable défense. Le rang de l'offensé, la grandeur de l'offense, Demandent des devoirs et des submissions Qui passent le commun des satisfactions.

LE COMTE

Le roi peut à son gré disposer de ma vie.

D. ARIAS

De trop d'emportement votre faute est suivie. Le roi vous aime encore; apaisez son courroux. Il a dit, JE LE veux; désobéirez-vous?

LE COMTE

Monsieur, pour conserver tout ce que j'ai d'estime, Désobéir un peu n'est pas un si grand crime; Et, quelque grand qu'il soit, mes services présents Pour le faire abolir sont plus que suffisants.

D. ARIAS

Quoi qu'on fasse d'illustre et de considérable. Jamais à son sujet un roi n'est redevable. Vous vous flattez beaucoup , et vous devez savoir Que qui sert bien son roi ne fait que son devoir.

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