‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 182 sur 409 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

POLYEUCTE, CLÉON, trois autres gardes.

POLYEUCTE

Gardes, que me veut-on?

CLÉON

Pauline vous demande.

0 présence, ô combat que surtout j'appréhende!

Félix, dans la prison j'ai triomphé de toi.

J'ai ri de ta menace, et t'ai vu sans effroi :

Tu prends pour t'en venger de plus puissantes armes;

Je craignaisbeaucoup moins tes hou rreauxque ses larmes.

Seigneur, qui vois ici les périls que je cours. En ce pressant besoin redouble ton secours ; Et toi qui, tout sortant encor de la victoire. Regardes mes travaux du séjour de la gloire,

222 rOLYEUGTE.

Cher Néarque, pour vaincre un si fort ennemi, Prête du haut du ciel la main à ton ami.

Gardes, oseriez-vous me rendre un bon office? Non pour fne dérober aux rigueurs du supplice, Ce n'est pas mon dessein qu'on me fasse évader; Biais, comme il suffira de trois à me garder, L'autre m'obligerait d'aller quérir Sévère; Je crois que sans péril on peut me satisfaire : Si j'avais pu lui dire un secret important, 11 vivrait plus heureux, et je mourrais content.

CLÉON

Si vous me l'ordonnez, j'y cours en diligence.

POLYEUCTE

Sévère à mon défaut fera ta récompense.

Va, ne perds point de temps et reviens promptement.

CLÉON

Je serai de retour, seigneur, dans un moment.

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