‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 184 sur 409 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

Par qui les grands sont confondus ; Et les glaives qu'il tient pendus Sur les plus fortunés coupables Sont d'autant plus inévitables, Que leurs coups sont moins attendus.

Tigre altéré de sang, Décie impitoyable, Ce Dieu t'a trop longtemps abandonné les siens : De ton heureux destin vois la suite effroyable ; Le Scythe va venger la Perse et les chrétiens. Encore un peu plus outre, et ton heure est venue;

Rien ne t'en saurait garantir;

Et la foudre qui va partir.

Toute prête à crever la nue,

Ne peut plus être retenue

Par l'attente du repentir.

Que cependant Félix m'immole à ta colère; Qu'un rival plus puissant éblouisse ses yeux ; Qu'aux dépens de ma vie il s'en fasse beau-père, Et qu'à titre d'esclave il commande en ces lieux : Je consens, ou plutôt j'aspire à ma ruine.

Monde, pour moi tu n'as plus rien :

Je porte en un cœur tout chrétien

Une flamme toute divine ;

Et je ne regarde Pauline

Que comme un obstacle à mon bien.

Saintes douceurs du ciel, adorables idées,

Vous remplissez un cœur qui vous peut recevoir;

De vos sacrés attraits les âmes possédées

Ne conçoivent plus rien qui les puisse émouvoir.

Vous promettez beaucoup et donnez davantage :

Vos biens ne sont point inconstants;

Et l'heureux trépas que j'attends

Ne vous sert que d'un doux passage

Pour nous introduire au partage

Qui nous rend à jamais contents.

C'est vous, ô feu divin que rien ne peut éteindre, Qui m'allez faire voir Pauline sans la craindre.

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Je la vois; mais mon cœur, d'un saint zèle enflammé, N'en goûte plus Tappas dont il était charmé ; Et mes yeux, éclairés des célestes lumières, Ne trouvent plus aux siens leurs grâces coutumières.

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