ACTE IV, SCENE I
Alors, foulant aux pieds la discorde et l'envie, Je Teusse conjuré de se donner la vie, D'oublier ma victoire et d'aimer un rival Heureux d'avoir vaincu pour vivre son égal; J'eusse alors regagné son âme satisfaite Jusqu'à lui faire aux dieux pardonner sa défaite ; Il eût fait à son tour, en me rendant son cœur, Que Rome eût pardonné la victoire au vainqueur. Mais, puisque par sa perte, à jamais sans seconde, Le sort a dérobé cette allégresse au monde, César s'efforcera de s'acquitter vers vous De ce qu'il voudra rendre à cet illustre époux. * Prenez donc en ces lieux liberté tout entière : Seulement pour deux jours soyez ma prisonnière, Afin d'être témoin comme, après nos débats, Je chéris sa mémoire et venge son trépas, Et de pouvoir apprendre à toute l'Italie De quel orgueil nouveau m'enfle la Thessalie. Je vous laisse à vous-même et vous quitte un moment. Choisissez-lui, Lépide, un digne appartement; Et qu'on l'honore ici, mais en dame romaine. C'est-à-dire un peu plus qu'on n'honore la reine. Commandez, et chacun aura soin d'obéir.
CORNÉLIE
0 ciel, que de vertus vous me faites haïr!