‹ Théâtre de Corneille (volume 2)Chapitre 353 sur 409 · ACTE V, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV

CLÉOPATRE

L'hymen est, maintenant notre plus cher souci. L'usage veuf, mon fils, qu'on le commence ici : Recevez de ma main la coupe nuptiale, Pour être après unis sous la foi conjugale; Puisse-t-elle être un gage, envers votre m'oitié, De votre amour ensemble et de mon amitié!

ANTIOCHUS, prenant la coupe.

Ciel! que ne dois-je point aux bontés d'une mère!

CLÉOPA-BBE.

Le temps presse, et votre heur d'autant plus se diffère.

ANTIOCHUS, àRodogune.

Madame, hâtons donc ces glorieux moments : Voici l'heureux essai de nos contentements. Mais si mon frère était le témoin de ma joie...

CLÉOPATRE

C'est être trop cruel de vouloir qu'il la voie : Ce sont des déplaisirs qu'il fait bien d'épargner; Et sa douleur secrète a droit de l'éloigner.

ANTIOCHUS

Il m'avait assuré qu'il la verrait sans peine. Mais n'importe, achevons.

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