SCÈNE VII
D. FERNAND, D. 13IÈGUE, D. ARIAS, D. RODRIGUE, D. ALOiNSE, D. SAî^GliE, L'IMAINTE, GIJIMÈNE, LÉOJNOR, ELYIRE.
l'infante.
Sèche tes pleurs, Chimène, et reçois sans tristesse Ce généreux vainqueur des mains de ta princesse.
D. RODRIGUE
Ne vous offensez point, sire, si devant vous ' Un respect amoureux me jette à ses genoux. Je ne viens point ici demander ma conquête; Je viens tout de nouveau vous apporter ma tête. Madame; mon amour n emploiera point pour moi Ni la loi du combat ni le vouloir du roi. Si tout ce qui s'est fait est trop peu pour un père, Dites par quels moyens il vous faut satisfaire. Faut-il combattre encor mille et mille rivaux, Aux deux bouts de la terre étendre mes travaux. Forcer moi seul un camp, mettre en fuite une armée. Des héros fabuleux passer la renommée?
Si mon crime par là se peut enfin laver, J'ose tout entreprendre et puis tout achever : Mais, si ce fier honneur, toujours inexorable, Ne se peut apaiser sans la mort du coupable. N'armez plus contre moi le pouvoir des humains; Ma tête est à vos pieds, vengez-vous par vos mains; Vos mains seules ont droit de vaincre un invincible; Prenez une vengeance à tout autre impossible; Mais du moins que ma mort suffise à me punir, Ne me bannissez point de votre souvenir ;