‹ Théâtre de CorneilleChapitre 100 sur 158 · SCÈNE VI. — DORANTE, CLITON · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. — DORANTE, CLITON

DORANTE

Pue dis-tu de l'histoire et de mon artifice?

CORNEILLE, T. II. i*

Le bonhomme en tient-il? M'en suis-je bien tiié? Quelque sot en ma place y serait demeuré; Il eût perdu le temps à gémir et se plaindre. Et, malgré son amour, se fût laissé contraindre. Oh ! l'utile secret que mentir à propos !

Quoi ! ce que vous disiez n'est pas vrai?

DORANTE

Pas deux mots; Et tu ne viens d'ouïr qu'un trait de gentillesse Pour conserver mon âme et mon cœur à Lucrèce.

CLITON

Quoi? la montre, l'épée, avec le pistolet...

DORANTE

Industrie.

CLITON

Obligez, monsieur, votre valet :

Quand vous voudrez jouer de ces grands coups de maître. Donnez-lui quelque signe à les pouvoir connaître; Quoique bien averti, j'étais dans le panneau.

DORANTE

Va, n'appréhende pas d'y tomber de nouveau : Tu seras de mon cœur l'unique secrétaire, Et de tous mes secrets le grand dépositaire.

CLITON

Avec ces qualités j'ose, bien espérer Qu'assez malaisément je pourrai m'en parer. Mais parlons de vos feux. Certes cette maîtresse...

Page 1