SCÈNE PREMIÈRE
BLINCOUR.
J'ai fait en cela mon devoir.
Un voyageur, voisin du logis que j'habite.
Avec qui j'eus le tort de me lier trop vite, Un de ces esprits forts, comme on en voit partout. N'approfondissant rien et prononçant sur tout, Pour la vingtième fois, sans honte et sans scrupules. Attaquait votre sexe, et nommant ridicules L'estime et les égards qui par nous lui sont du<!. Proclamait ses défauts et niait ses vertus.
MADAUE SAIN VILLE.
Dans la proscription nous aurait-il comprises?
BLINCOUa.
Autrement, j'aurais pu mépriser ses sottises; Mais l'amitié, l'amour, qu'à ce point on blessait, M'ordonnaient de répondre, et c'est ce que j'ai fait.
MADAME SAINVILLE
Je vous sais gré, Blincour, de cet excès de zèle ; Mais laissez maintenant tomber cette querelle, Promettez-le mol bien ; si vous la poursuiviez, - Vous blesseriez mon cœur plus que vous ne croyez.
JENNT, allaot à BliDCOur.
Entendez-vous, Monsieur?
BLINCOUR, à part.
Gardons-nous de rien dire J
JENNV.
A ces conditions vous voudrez bien souscrire... Jamais dorénavatit vous ne disputerez, Surtout, Monsieur, jamais vous^ ne me quitterez.
BLINCOUR.
Jamais.. .A vos cfttés je veux passer ma vie.
JENNY
Tu Tentends, maman ?. . .
BLINCOUR, regardant à ta rnootr*, et à part.
Ciel! dix heures... et j'oublie Que Sainville m'attend... courons.
(n sort précipitamment sans être tu de Jennj qui parle à sa mère.) JENNY.
Qu'il est gentill Toujours à mes côtés. (Se retournant.) Eh bien! où donc Monsieur Blincour ? [est-il ?