‹ Théatre de DésaugiersChapitre 153 sur 265 · SCÈNE XX - i«i · texte numérisé non relu

SCÈNE XX - i«i

BLI^XOUR, réfolté.

Et c'est moi çpii Tai fait !

SAIN VILLE

Vraiment ? il est parlant.

Vous avez là, mon cher, un fort joli talent.

BLINCOUH.

C'en est fait; je ne prends que ma fureur pour guide. Pour la dernière fois je vais voir la perfide. Lui jurer que jamais...

SAINVILLE

Bon ! au lieu de jurer, Blincour, arrangeons-nous.

BLINCOUR.

Pouvez-vous Tespérer?

SAINVILLE

Êcoutez-moi. Je suis dans mon jour de fortune... Oui, par une faveur qui m'est assez commune, Deux cœurs, d'un même trait, blessés tout à la fois, Ne me laissent ici que l'embarras du choix; Et je ne sais encor, tant j'ai le don de plaire, Qui me chérit le plus ou la fille ou la mère.

BLINCOUR.

L'ai-je bien entendu?... madame d'Hérigny?..

Est à moi, cher Blincour.

BLINCOUR.

Je suis anéanti 1

SAINVILLE

Oh ! c'est une aventure, unique, inconcevable !

Mais vous allez encor traiter cela de fable;

Nous nous sommes tous deux reconnus, sur-le-champ,

192 L'nOTEL GARNI

Pour avoir eu jadis, Tuu pour Tautre, un penchant. Bref, sans avoir pour elle une brtdante flamme. . . Je l'aime encore assez pour en faire ma femme ; Mais moi, je fus toujours un rival généreux.

Et je serais fâché de me voir seul heureux:

Entre nous, mon ami, partageons la famille.

Je prends pour moi la mère et vous cède la lille.

BUXCOUR.

Je la refuse-

SALNVILLE.

Bien, bien, de la dignité.

(Madamo Sainville et Jenny paraisscr.t.)

BLINCOL'R.

Quoi ! lorsque je me vois dupe de ma bonté, Je serais assez faible, assez vil, assez lâche... Non... j'impose à mon cœur une pénible tâche .. Mais je saurai prouver du moins, en m'éloignaut,. Que Ton ne m'offensa jamais impunément.

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