SCÈNE XX - i«i
BLI^XOUR, réfolté.
Et c'est moi çpii Tai fait !
SAIN VILLE
Vraiment ? il est parlant.
Vous avez là, mon cher, un fort joli talent.
BLINCOUH.
C'en est fait; je ne prends que ma fureur pour guide. Pour la dernière fois je vais voir la perfide. Lui jurer que jamais...
SAINVILLE
Bon ! au lieu de jurer, Blincour, arrangeons-nous.
BLINCOUR.
Pouvez-vous Tespérer?
SAINVILLE
Êcoutez-moi. Je suis dans mon jour de fortune... Oui, par une faveur qui m'est assez commune, Deux cœurs, d'un même trait, blessés tout à la fois, Ne me laissent ici que l'embarras du choix; Et je ne sais encor, tant j'ai le don de plaire, Qui me chérit le plus ou la fille ou la mère.
BLINCOUR.
L'ai-je bien entendu?... madame d'Hérigny?..
Est à moi, cher Blincour.
BLINCOUR.
Je suis anéanti 1
SAINVILLE
Oh ! c'est une aventure, unique, inconcevable !
Mais vous allez encor traiter cela de fable;
Nous nous sommes tous deux reconnus, sur-le-champ,
192 L'nOTEL GARNI
Pour avoir eu jadis, Tuu pour Tautre, un penchant. Bref, sans avoir pour elle une brtdante flamme. . . Je l'aime encore assez pour en faire ma femme ; Mais moi, je fus toujours un rival généreux.
Et je serais fâché de me voir seul heureux:
Entre nous, mon ami, partageons la famille.
Je prends pour moi la mère et vous cède la lille.
BUXCOUR.
Je la refuse-
SALNVILLE.
Bien, bien, de la dignité.
(Madamo Sainville et Jenny paraisscr.t.)
BLINCOL'R.
Quoi ! lorsque je me vois dupe de ma bonté, Je serais assez faible, assez vil, assez lâche... Non... j'impose à mon cœur une pénible tâche .. Mais je saurai prouver du moins, en m'éloignaut,. Que Ton ne m'offensa jamais impunément.