L.\. BOUQUETIÈRE
£h bien I si elle trotte toujours depuis que je Tons vue, elle doit être à présent au bout de l'orangerie.
PANTIN
J'y cours vite; cette tendre amie, elle doit être d'une inquiétude de ne pas me voiri (u fait quelques pas
pour sortir.)
LA BOUQUETIÈRE, Toyant une tête de polichinelle, qui sort de la poclie de Pantin.
Dites donc, brave homme, v'ià un particulier qui vous sort de la poche; prenez garde de le perdre.
PANTIN
Ah diable I c'est mon polichinelle, que je viens de faire raccommoder à Paris.
LA BOUQUETIÈRE, montrant la boîte aux marionnettes.
Ah ! c'est donc toi qui demeures là?
PANTIN
Avec votre permission.
LA BOUQUETIÈRE
Et celle de M. l'Maire, s'entend.
Air : Non, ce n'est fos là la belle.
Mais ta maison est si p'tite
Qu'on n* peut sVtourner, Et j' n'irons pas Trendre viâite,
Quand j' voudrons dîner.
Auss' ben dans ta demeure,
Diaprés ce que J'vois,
On doit tronyer à toute heure Visage de bois.
PANTIN
Ah I friponne, ta jettes des pierres dans man ardin... Tues bien heureux que ma femme... (reTenanc.) Ah ! mon Dieu ! et ma dinde que j 'ai laissée sur la vaclie.
LA. BOUQUETIÈRE
Gomment ! une dinde.
PANTIN
Oui, dans une bouriche pour notre dîner. J'vas la chercher tout de suite ; on n'aurait qu'à me l'enlever. . . au lieu que je suis toujours sûr qu'on me laissera ma femme.
LA BOUQUETIÈRE
Oui-da.
TOUTES, riant.
AhlAhlAh!
Vous croyez rire... c'est comme ça. (n indique avec les mains). Aussi j'ai été deux heures à la Vallée, avant de la découvrir.
LA BOUQUEnÈRE.
Diantre!
Air du Pas de charge.
Ne t'endors pas sur le rôti,
Puisqu' ta bête est si belle.
Car tu pourrais bien, mon ami,
Dîner tantôt sans elle.
PANTW.
Je vais bien vite, en ce cas-là,
Chercher ma dinde, parce Je pourrais être sans ça
Le dindon de la larce.
(n sort.)