‹ Théatre de DésaugiersChapitre 163 sur 265 · L.\. BOUQUETIÈRE · texte numérisé non relu

L.\. BOUQUETIÈRE

£h bien I si elle trotte toujours depuis que je Tons vue, elle doit être à présent au bout de l'orangerie.

PANTIN

J'y cours vite; cette tendre amie, elle doit être d'une inquiétude de ne pas me voiri (u fait quelques pas

pour sortir.)

LA BOUQUETIÈRE, Toyant une tête de polichinelle, qui sort de la poclie de Pantin.

Dites donc, brave homme, v'ià un particulier qui vous sort de la poche; prenez garde de le perdre.

PANTIN

Ah diable I c'est mon polichinelle, que je viens de faire raccommoder à Paris.

LA BOUQUETIÈRE, montrant la boîte aux marionnettes.

Ah ! c'est donc toi qui demeures là?

PANTIN

Avec votre permission.

LA BOUQUETIÈRE

Et celle de M. l'Maire, s'entend.

Air : Non, ce n'est fos là la belle.

Mais ta maison est si p'tite

Qu'on n* peut sVtourner, Et j' n'irons pas Trendre viâite,

Quand j' voudrons dîner.

Auss' ben dans ta demeure,

Diaprés ce que J'vois,

On doit tronyer à toute heure Visage de bois.

PANTIN

Ah I friponne, ta jettes des pierres dans man ardin... Tues bien heureux que ma femme... (reTenanc.) Ah ! mon Dieu ! et ma dinde que j 'ai laissée sur la vaclie.

LA. BOUQUETIÈRE

Gomment ! une dinde.

PANTIN

Oui, dans une bouriche pour notre dîner. J'vas la chercher tout de suite ; on n'aurait qu'à me l'enlever. . . au lieu que je suis toujours sûr qu'on me laissera ma femme.

LA BOUQUETIÈRE

Oui-da.

TOUTES, riant.

AhlAhlAh!

Vous croyez rire... c'est comme ça. (n indique avec les mains). Aussi j'ai été deux heures à la Vallée, avant de la découvrir.

LA BOUQUEnÈRE.

Diantre!

Air du Pas de charge.

Ne t'endors pas sur le rôti,

Puisqu' ta bête est si belle.

Car tu pourrais bien, mon ami,

Dîner tantôt sans elle.

PANTW.

Je vais bien vite, en ce cas-là,

Chercher ma dinde, parce Je pourrais être sans ça

Le dindon de la larce.

(n sort.)

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