SCÈNE XVlll
PANTIN, ù part.
Si je pouY&is les entendre sans être vu... Entrons chez moi.
(II entre dans le théâtre des marionnettes.) PINSON.
A propos, belle enfant, avez- vous été porter votre plainte contre moi au commissaire de police de la commune de Sceaux ?
ROSSIGNOLETTE.
J'allais y aller, quand je me suis dit : mais ce jeune homme a peut-être bu?
PINSON
Ah ! bu...
ROSSIGNOLETTEi
Et on ne sait pas ce qu'on fait quand on est dans le vin.
Eh bien! oui, petite ensorceleuse, j'étais ivre... mais des charmes dont la nature vous fit don.
ROSSIGNOLETTE.
Fi donc I
PINSON
Comment, fi donc! vous ne savez donc pas que vous êtes bien, trop bien pour être ce que vous êtes.
ROSSIGNOLETTE,
Ah!
PINSON
Parce qu'on n'est pas faite pour chanter des chansons, quand on est faite pour enchanter.
PANTIN, 4 part.
Il l'amadoue, elle va prendre feu.
234 iE FAIS MES FARCES
PIXSOK.
Et s'il m'était permis, dis-je, de ^on» offirir uii s»*.:: plus digne de vous.
PANTlKy «oniraat n t«te 4aM U Umqse.
Quel r61e joue-je ici ?
Mais ça ne i)eut pas nuire.
PJ-NSO.N.
Il se pourrait... vous pourriez... il serait possUùt:.
ft09Si6>'0L£rTE, kfêH.
Si le commissaire pouvait venir !
Oserai-je vous prier, intéressante amazone, d'achever ma défaite par les sous mélodieux de cette vv:i dont tout Sceaux raffoUe.
ROSSICKOUBTTE.
Je ferai tout pour vous plaire, excepté ce que vous me demandez.
HXSOX.
Mais pourquoi?
aostrKsxoLerre.
Parce que...
MXSON.
S'il n'y avait que ça qui vous en cmp^'clie, ou ^i c'est la crainte de chanter seule, je vous accompagnerai.
ROSSiG.NOLETTE.
Où donc ?
PJNSiJN, sortoiit un mirlitoB.
Ici, avec cet instrument champêtre sur lequel, par parentliéses, je vous prie de jeter les yeux.
SCÉNS XVni 235
ROSSIGNOLETTB, topnuBt et lisul.
•< Pourquoi ne puis^je pas vous dire « Que c'est pour tous que je soupire ?
Tournez, tournez.
R08SXGN0LETTI.
« Si vous partagiez ma passion....
PINSON
Tournez.
ROSIGNOLETTB.
« Je serais gai comme Pinson. »
PINSON
C'est mon nom. J'ai trouvé cet instrument par hasard, et l'ai acheté par amour.
ROSSIGNOLETTE.
Am : Y a dCTognon.
Qoelie adresse parfaite !
Jomais s'avisa- t-on D'avouer sa défaite Dans un mirliton ?
PANTIN, à part.
Y & d'l*ognon,
Y a dTognon, dTognon, dTognette.
Y a dTognon.
Être mari honnête, et avoir une femme qui...
PINSON
Eloignons-nous... Je crois avoir entendu parler.
ROSIGNOLBTTE.
Non, nous sommes bien.
PINSON
Un peu plus loin, qu'est-ce que ça fait? (à pi^i) Je crains le grand Turc.
R0SSI6N0LETTE.
J'ai mes raisons pour rester ici... Ce soir j'irai où vous voudrez.
PINSON
Ahî...
ROSIGNOLETTE.
Mais promettez-moi que ce sera un secret entre nous.
PANTIN, à part.
Oui, le secret de polichinelle.
PliNSON.
Ain : Vive le vin de Ramponneau,
Miséricorde I le Toilà, Ne perdons pas la tôte ; Évitons cet enragé-là, Jamais il ne me cherchera Là.
11 entre dans la baraque, qui tout-à-coup va et vient par lei monvemeats que font Pantin et Pinson en se débattant.)
Ciel ! à la garde I au secours !
On en veut à mes jours ; On me frappe, on m'assomme I
Jamais de cette façon, De sang-froid laissa-t-on Assommer un homme ?
Appelle, appelle au secours.
Coquin, pour tes amours