‹ Théatre de DésaugiersChapitre 219 sur 265 · SCENE XX DUMONT, HENRIETTE · texte numérisé non relu

SCENE XX DUMONT, HENRIETTE

DUMOMT.

Ainsi, mon enfant, je te le répète, quoi qu'en dise cet original, tu n'auras pas d'autre mari que ton Eugène, dont tout le monde m'a fait au Havre le plus grand éloge.

HENRIETTE

Oh ! j'en étais bien sûre, mon père.

Ahl bien sûre... tu n'osais pourtant pas trop me questionner tout à l'heure.

HENRIETTE

C'est qu'il y a tant de jaloux, tant de méchantes langues t

DUMOXT.

Allons, je vois que tu aimes encore ton Eugène autant que quand je suis parti.

HENRIETTE

Ah ! mon père, ce ne s^ait pas à vous à me le reprocher. Permettez-moi de vous rappeler les circonstances.

Am : Non, je ne veux aimer que toi (de M. Pertosa).

Le premier jour qull vint chez nous Sa gaîté vouB parut aimahle, Son maintien noble, son air doux, Et son esprit fort agréable ; Ses talents surent tous charmer, Son ton modeste sut vous plaire, Pouvais-je doue ne pas Taimer. . . .

11 était aimé de mon père ?

Bientôt après vint un moment Où ses yeux me dirent r Je t'aime ; Et moi, je ne sais trop comment Mes yeux le lui dirent de même.

Les vôtres, de ces feux naissants Virent les progrès sans colère :

Devais-je donc, à dix-sept ans, M'en alarmer plus que mon père ?

Jaloux de faire mon bonheur.

Et satisfait du cœur d'Engène, Vous daignez couronner l'ardeur Qui l'un vers l'autre nous entraîne ; A vos vœux je me soumettrai.

Et puisque Eugène a su vous plaire, Dès demain je l'épouserai Pour faire plaisir à mon père.

DUMONT

Voilà une résignation dont je te sais bien bon gré.

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