SCÈNE V
Air : Rien n'était si joli qu'Adèle.
A la fête où je vous invite,
Ne brûlez-vous pas
De porter vos pas?
Mes gendres, ne vous gênez pas,
Amusez-vous, (A part.) Ils mourront tous.
(UauL) Amusez- vous,
Trémoussez-vous,
Amusez- vous vite,
11 n'est pas certain Que vous vous amusiez demain.
TOUS
Amusons-nous, etc., etc.
SOURNOIS
A propos^ mes lilles^ encore un mot en particulier •avec la permission de vos maris.
MADELAINB, à Pincée.
Tu veux bien, mon ami ?
Les maris se retirent dans le fond du théâtre, et les femmes se groupent autour de Sournois.)
PINCÉE
Déjà des secrets... Ça n'est pas trop aimable; mais c'est égal.
SOURNOIS, à Pincée.
Ce que j'ai dit pour les uns, je Tai dit pour les autres.
(Il loi fait signe de rejoindre ses frères.)
SOURNOIS
C'est à merveille ! (à ses filles, mystérieusement.)
Air: Àhl c* Cadet-là.
Venez ce soir Dans le caveau noir^
314 LES PETITES DANÂlDES
TOUTES
Pourquoi donc ça, mon père?
SOURNOIS
Vous le saurez Quand vous y serez; Mais surtout, sachez vous taire.
TOUTES
Nous taire?..
SOURNOIS
Vous taire.
TOUTES
Mais quels sont donc vos projets?
SOURNOIS
Vos maris sont trop près Pour que je vous le dise.
TOUTES
Ce soir, ménageriez-vous ^ Â nos tendres époux, Une aimable surprise !
FOURNOIS.
C'est ça (A part.) Gomme elles sont dedans!
(Haut.) Oui, c'est une surprise Dont ils ne pourront, mes enfants Revenir de longtemps.
TOUTES. (Ensemble.)
Oui, oui, ce soir
Dans le caveau noir Nous descendrons, mon père.
Et nous saurons
Quand nous y serons Ce que nous aurons à faire.
SOURNOIS
Venez ce soir
Dans le caveau noir,