SCÈNE PREMIÈRE
VICTORINE
Raison de plus...
SALNT-REMT.
Pour déménager, et c'est ce que je vais faire.
VICTORINB.
S'il le permet : d'ailleurs, ton luthier, ton cordonnier, ton tailleur, ton marchand de vin, ton porteur
d'eau...
PAINT-RKMY.
£st-ce que tout cela n'est pas encore liquidé?
VICTORINE
Avec quoi?
SA1NT-REMT.
Mais, ma chère amie, ne t'ai-je pas donné de l'ar gent avant-hier ?
VICTORINB.
Rien du tout.
SAINT-REMY
Qu'en as-tu fait? car, enûn, je ne sais pas où il
VICTORLNE.
QueUe tête !
SAINT-REMY
Tiens, ma petite sœur, je vois qu'à moins d'une réforme dans nos dépenses...
VICTORLXE.
Ah 1 je savais bien que tu en viendrais là.
8AINT-RBHY.
Air : Tenez, moi, je suis un bonhomme,
Dans notre nouveau domicile, Je veux d'abord, et pour raisoD,
De tout ce qui m'est mutile, Débarrasser notre maison :
Ma bibliothèque me gène ; Dès aujourd'hui je vends Boileau, * Je- me défais de La Fontaine, Et supprime le porteur d'eau.
VICTOR INK
Le porteur d'eau I
SAINT-REMY
C'est du luxe.
ncTORiNr.
Renvoie plutôt la laitière.
SÀINT-BESir.
Et tes déjeuners, ma sœur?
VICTORINE
Ils t'intéressent moins que celle qui me les apporte.
SAINT-REUY.
Jeannette ?
VICTORINE
EUe est si jolie t
SAINT-REM y.
Et si bonne !
J'ai cru m'apercevoir qu'elle avait du plaisir à monter nos cinq étages.
SAINT-REMY
Am : Lue chantait dans la prairie.
Au point du jour, sa voix m'éveille,
Et j*aime le Joli refrain
Que sa bouche fraîche et vermeille
Fait entendre dès le matin.
Mon cœur retient sa chansonnette,
Et galment, jusqu'au lendemain.