PERSAN
Dès que votre oncle le dit... dès que vous ne le désavouez pas.
ESTELLE
Monsieur, je vous atteste...
DERSAN.
Épargnez-vous d'inutiles serments; dans la situation où nous sommes maintenant , il n'y a qu'une seule preuve au monde qui eût pu me faire croire à votre tendresse...
ESTELLE
0 ciel!
DERSAN.
El dès que vous hésitez à me la donner...
ESTELLE
Ne le croyez pas, je n'hésite jias un instant.
BONNICHON
A la bonne heure. Vous l'entendez, nous sommes décidés; ma nièce épouse un jeune homme charmant, un élégant d'Haïti qui me demande sa main , et qui lui offre deux millions hypothéqués sur l'indemnité.
ESTELLE
Serait-il vrai?
BONMCHON.
J'attends de lui une lettre que je vous montrerai.
ESTELLE
Ah ! que je suis heureuse ! il est donc un sacrifice que je peux vous faire ! et puisqu'il n'y a pas d'autre moyen de dissiper vos soupçons... Dersan, voulez-vous ma main? la voici.
DERSA>.
Ah ! vous comblez tous mes vœux.
BOISNICHON, à part.
A merveille!... (Haut.) Et quel est le rôle que je joue ici? VOUS croyez que, devant moi, je souffrirai...
ESTELLE
Oui, mon oncle , vous vous laisserez fléchir, vous consentirez à mon mariage.
120 l'oncle D'AMÉRIQUE.
DERSAN.
Oui; il va donner son consentement, n'est-il pas vrai?
BONNICHON
Non, Monsieur.
DERSAN , bas.
Veux-tu bien le donner ou je t'assomme !
BONMCHON.
Eh non. Monsieur... (a pan.") 11 n'est pas encore temps; il faut que nous soyons en famille... Précisément, c'est mon neveu Bai'thélemy.