‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 2)Chapitre 109 sur 307 · PERSAN · texte numérisé non relu

PERSAN

Dès que votre oncle le dit... dès que vous ne le désavouez pas.

ESTELLE

Monsieur, je vous atteste...

DERSAN.

Épargnez-vous d'inutiles serments; dans la situation où nous sommes maintenant , il n'y a qu'une seule preuve au monde qui eût pu me faire croire à votre tendresse...

ESTELLE

0 ciel!

DERSAN.

El dès que vous hésitez à me la donner...

ESTELLE

Ne le croyez pas, je n'hésite jias un instant.

BONNICHON

A la bonne heure. Vous l'entendez, nous sommes décidés; ma nièce épouse un jeune homme charmant, un élégant d'Haïti qui me demande sa main , et qui lui offre deux millions hypothéqués sur l'indemnité.

ESTELLE

Serait-il vrai?

BONMCHON.

J'attends de lui une lettre que je vous montrerai.

ESTELLE

Ah ! que je suis heureuse ! il est donc un sacrifice que je peux vous faire ! et puisqu'il n'y a pas d'autre moyen de dissiper vos soupçons... Dersan, voulez-vous ma main? la voici.

DERSA>.

Ah ! vous comblez tous mes vœux.

BOISNICHON, à part.

A merveille!... (Haut.) Et quel est le rôle que je joue ici? VOUS croyez que, devant moi, je souffrirai...

ESTELLE

Oui, mon oncle , vous vous laisserez fléchir, vous consentirez à mon mariage.

120 l'oncle D'AMÉRIQUE.

DERSAN.

Oui; il va donner son consentement, n'est-il pas vrai?

BONNICHON

Non, Monsieur.

DERSAN , bas.

Veux-tu bien le donner ou je t'assomme !

BONMCHON.

Eh non. Monsieur... (a pan.") 11 n'est pas encore temps; il faut que nous soyons en famille... Précisément, c'est mon neveu Bai'thélemy.

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