‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 2)Chapitre 115 sur 307 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LE PRINCE RODOLPHE et LA xMARQUlSE DE SURVILLE,

sortant de l'appartement à droiie de l'acteur. LA MARQUISE.

Paitez, mon ami, il y a déjà longtemps qu'il est jour.

RODOLPHE

Un instant; il est de si botuie lieure, et tu me renvoies dtîjà! C'est toujours toi qui la première me dis adieu.

LA MAHUUISE.

Que (î'est mal à vous de parlir ainsi!... J'ai déjà tant de peiiH! à avoir du coiu'age. Si vous me le reprochiz, je n'en aurai pins, je vous en préviens.

RODOLPHE

Chère Élise!...

LA MARQUISE

Rodolphe, va-t'en, je t'en supplie. On sera inquiet au pa lais. (Baissant les yeux.) Et sl quelqu'un à cette heure rencontra Votre Altesse!...

RODOLPHE

Ah! que j'aime ce respect! Mais rassure-toi; mon altesse n' rien à craindre. Quand on me verrait sortir de cette maison d campagne, qui pourrait se douter que je suis ici en bonn fortune, auprès de ma femme?

UA MARQUISE

On n'est pas obligé de savoir que nous sommes mariés, c si on le savait, ce serait encore pis, surtout quand on a comme vous. Monsieur, le malheur d'avoir pour oncle u grand-duc, un souverain , un prince allemand, qui n'enten pas raison sur les mésaillancesj vous auriez beau lui dire qu( quand vous m'avez offert votre main, son fils existait encor( et que vous ne pouviez présumer alors être un jour l'héritit du trône; vous amiez beau lui répéter que depuis cinq ani vous m'aimiez, vous m'adoriez... Ces raisons, que nioij'i trouvées excellentes, n'auraient pas le même pouvoir auprt de votre oncle; le mariage serait rompu, et je vous demande Monsieur, si cela serait juste?

RODOLPHE

Non , car ce pouvoir, ces honneurs, qui m'attendent, je n les veux, je ne les désire que pour toi.

Air : De ma Céline amant modeste.

Si j'occupais le rang suprême.

Toi seule en ces lieux régnerais; ,

El je ne suis déjà moi-même

Que le premier de les sujets.

LA MARQUISE

Un sujet à sa Kouvoraine Doit obéir.

RODOLPHE

Ordonne de mes jours.

LA MARQUISE

Ah! je voudrais, si j'étais reine, T'ordouner de m'aiiuèr toujours.

RODOLPHE

Ne crains pas que nous soyons jamais séparés.

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