ACTE I, SCKNE II. \'2^t
Qu'il vienne ce matin, sur-le-champ, le plus tôt qu'il pourra.
HERMAN
Oui, Madame...
RODOLPHE
Herman, un instant.
HERMAIS.
Oui, mon prince.
ROOOLHE.
Ne vaudrait-il pas mieux lui donner rendez-vous au palais? Car il faut absolument que je cause avec lui d'une affaire importante que vous ignorez...
LA MARQULSE.
Au palais! quelle idée!... Songez donc qu'il vient ici en secret s'entendre avec nous, avant de parler au grand-duc; et vous, dont toutes les dcniarciies sont observées?
Oui, vous avez raison... il serait imprudent... J'aviserai ù quelque autre moyen. Adieu, je vous laisse, et maintenant quand pourrai-je vous revoir?
La marquise.
Je l'ignore.
RODOLPHE
Par quel moyen me le ferez- vous savoir?
LA MARQUISE
Cela dépendra de vous.
RODOLPHE
Comment cela?
LA MARQUISE, baistiant les yeux.
Ces deux portraits dont nous parlions tout à l'heure...
RODOLPHE
Eh bien?
LA MARQUISE
Eh bien! vous pourrez venir... le jour où ils me seront remis.
RODOLPHE, vivement.
Vous les aurez aujourd'hui.
LA MARQUISE
Vraiment!. . Adieu... adieu, partez vite. Herman, suivez Son Altesse, et voyez si rien ne s'oppose à son départ.
HERMAN
Monseigneur sera obligé de sortir par la porte du parc; car de ce côté, au salon, il y a du monde.
LA MARQUISE
Déjà , et qui donc ?
HERHAN
Un homme d'un certain âge, et sa fille... le comte de Moreno.
RODOLPHE
L'envoyé d'Espagne?
LA MARQUISE
Quand donc est-il arrivé?
RODOLPHE
Hier soir... Vous le connaissez?
LA MARQUISE
9e l'ai reçu quelquefois à Paris. Mais prenez garde qu'il ne vous voie... 11 a tant d'habileté et de finesse, qu'il aurait bien vite deviné notre secret.
RODOLPHE
Ne craignez rien... Herman, faites-le entrer... Moi, pendant ce temps, je traverseiai le parc... Adieu, tout ce que j'aime.
LA MARQUISE
A ce soir.
RODOLPHE
Et plus tôt, si je le puis, (il sort par le fond du théâtre.)