ACTE II, SCÈNE I
LE COMTE, sans l'écouter.
Rion n'égale mon inquiétude. Je ne puis nier que ce Cliavini n'ait déjà fait des progrès dans l'esprit du graiid-tluc. Ksti. que je me serais trompé sur son compte? Il est de fait qu'il
plus de fond, plus de portée que je ne. croyais. Il a surtout, 2 que j'ai trouvé le plus difficile, une gaieté, une liberté d'esrit, qui lui permettent de cacher à tous les yeux les desseins ui l'occupent. Pendant la chasse il a su amuser le grand-duc ar ime foule de contes plaisants. Il a même fait deux coulets aux dépens du grand veneur. J'espérais qu'il se fâcherait; lais il eu a ri le premier.
ISABELLE
Mon père, est-ce que nous ne rentrons pas dans la salle de al?
A quoi bon? le prince n'y est pas encore.
ISABELLE
C'est que je suis engagée pour la première valse.
LE COMTE
Ahl tu es engagée!... avec qui?
ISABELLE
Ah! mon père! vous devinez bien.
LE COMTE
((Comment! ce serait Chavigni! 11 ne doute de rien; il est l'une audace... Je vous défends, Mademoiselle, de danser avec ui.
IS.VBKLLE.
11 faudra donc alors me dégager; car j'avais accepté.
LE COMTE
Vous dégager! non pas, cela aurait l'air d'une rupture.
ISABELLE
Je pourrai donc accepter?
LE COMTE
Pas encore; je ne suis pas décidé.
ISABELLE
Mais , mon père , pouvez-vous voir de la politiqiie dans une ;ontredanse?
LE COMTE
Pour un homme d'État, il y en a partout.
AiB : Qu'il est flatteur d'épouser celle^ Ea affaires , chacun s'observe;
On n'a garde de se trahir ; Mais dans un bal, ]<\us de réserve, Ciiacun ne pense qu'an plaisir.
Notre ;Vme alors, sans défiance, Laisse échapper tous ses secrets, Et souvent une contredanse Nous en apprend plus qu'un congrès.
Tout calculé, je te défends de valser avec lui.
ISABELLE
Ociel!
LE COMTE
Mais je te permets une contredanse... une seule.
ISABELLE
Je comprends. C'est plus convenable.
LE COMTE
Oui. Et puis, pendant une contredanse, on peut causer; e lui qui est si étourdi... Tais-toi, le voici.