‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 2)Chapitre 224 sur 307 · LE COMTE , JULIETTE ET ZANETTA · texte numérisé non relu

LE COMTE , JULIETTE ET ZANETTA

Eh bien ! qu'est-ce qu'il a donc ?

FRÉDÉRIC

C'est moi-même, vous le voyez à vos pieds; apprenez...

A d'autres , Monsieur; on ne me trompe plus ainsi.

FRÉDÉRIC

Non, cette fois je vous jure que c'est la vérité; je suis Frédéric de Cernay.

SAINT-JEAN

Je l'affirme.

FRÉDÉRIC

Et le marquis d'Aveiro va vous l'attester,

LE COMTE

Pardon, Monsiem-; mais je ne reconnais pas en vous cette loyauté et cette franchise dont il me parlait.

FRÉDÉRIC

Moi, Monsieur, je ne vous ai jamais trompé.

LE COMTE

Comment! Monsieur, quand vous vous introduisez dans ma maison...

FRÉDÉRIC

Non; c'est vous-même qui m'avez fait arrêter et conduire chez vous.

LE COMTE

C'est vrai; mais prendre un faux nom.

FRÉDÉRIC

Je vous ai dit le mien; c'est vous qui avez exigé que j'en prisse un autre.

tLE COMTE.

t vrai; mais feindre d'aimer une petite grisette.

260 l'aMB A SSA DEU R .

KRÉDÉRin.

Je n'y ai jamais pensé; vous avez été témoin que je n'ai pa; reconnu Mademoiselle.

LE COMTE, souriant.

C'est encore vrai, je suis forcé d'en convenir, (vivement.) Mai; ce maudit mystère, je ne pourrai pas venir à bout... i^a Frédéric e à Juliette.) Eh bien ! je vous pardonne, je vous marie, à une seuh condition, c'est que vous m'expliquerez tout; cette lettre qu( j'ai reçue, cet amour prétendu, pour quel motif? dans que but?

FRÉDÉRIC

J'en suis désolé, mais je n'en sais encore rien.

JULIETTE

Ni moi.

ZANETTA

Ni moi.

LE COMTE

Ah ! c'est trop fort ! je donnerais cent piastres à celui qu me dirait qui m'a écrit cette lettre.

SAINT-JEAN, tendant la main.

Je les prends.

LE COMTE

Conmient?

C'est moi. Monsieur.

Toi, coquin.

SAINT-JEAN

LE COMTE

SAINT-JEAN

Oui, Monsieur; par humanité , par bonté d'âme, je voulais servir l'amour de ce jeune liomme et vous contraindre à le retenir chez vous.

LE COMTE

Je comprends. Ah! morbleu! mais je n'ai que ma parole, tu auras tes cent piastres. Si je ne craignais d'ébruiter l'aventure, j'y joindrais autre cliose.

SAINT-JEAN

Tout ce que je demande à monsieur le comte , c'est un certiflcat de talents diplomatiques.

LE COMTE

En quoi l'as-tu mérité?

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SAINT-JEAN

Pour avoir tenu en échec penflant deux heures un diplomate aussi distingué que monsieui- le comte; avec cela je suis sûr d'être placé tout de suite.

LE COMTE

Comment! drôle.

Ah çà! et moi, mon établissement, mon voyage à Paris?

SAINT-JEAN

Je vous y conduirai, aimable Napolitaine, si vous voulez accepter ma main ; je vous ai promis un amoureux. (Présemant sa niaio.) Eh bien! je vous ofl're un mari.

ZANETTA

Ce n'est pas tout à fait la môme chose ; mais c'est égal, je me risque et je pars pour Paris.

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