LE COMTE , JULIETTE ET ZANETTA
Eh bien ! qu'est-ce qu'il a donc ?
FRÉDÉRIC
C'est moi-même, vous le voyez à vos pieds; apprenez...
A d'autres , Monsieur; on ne me trompe plus ainsi.
FRÉDÉRIC
Non, cette fois je vous jure que c'est la vérité; je suis Frédéric de Cernay.
SAINT-JEAN
Je l'affirme.
FRÉDÉRIC
Et le marquis d'Aveiro va vous l'attester,
LE COMTE
Pardon, Monsiem-; mais je ne reconnais pas en vous cette loyauté et cette franchise dont il me parlait.
FRÉDÉRIC
Moi, Monsieur, je ne vous ai jamais trompé.
LE COMTE
Comment! Monsieur, quand vous vous introduisez dans ma maison...
FRÉDÉRIC
Non; c'est vous-même qui m'avez fait arrêter et conduire chez vous.
LE COMTE
C'est vrai; mais prendre un faux nom.
FRÉDÉRIC
Je vous ai dit le mien; c'est vous qui avez exigé que j'en prisse un autre.
tLE COMTE.
t vrai; mais feindre d'aimer une petite grisette.
260 l'aMB A SSA DEU R .
KRÉDÉRin.
Je n'y ai jamais pensé; vous avez été témoin que je n'ai pa; reconnu Mademoiselle.
LE COMTE, souriant.
C'est encore vrai, je suis forcé d'en convenir, (vivement.) Mai; ce maudit mystère, je ne pourrai pas venir à bout... i^a Frédéric e à Juliette.) Eh bien ! je vous pardonne, je vous marie, à une seuh condition, c'est que vous m'expliquerez tout; cette lettre qu( j'ai reçue, cet amour prétendu, pour quel motif? dans que but?
FRÉDÉRIC
J'en suis désolé, mais je n'en sais encore rien.
JULIETTE
Ni moi.
ZANETTA
Ni moi.
LE COMTE
Ah ! c'est trop fort ! je donnerais cent piastres à celui qu me dirait qui m'a écrit cette lettre.
SAINT-JEAN, tendant la main.
Je les prends.
LE COMTE
Conmient?
C'est moi. Monsieur.
Toi, coquin.
SAINT-JEAN
LE COMTE
SAINT-JEAN
Oui, Monsieur; par humanité , par bonté d'âme, je voulais servir l'amour de ce jeune liomme et vous contraindre à le retenir chez vous.
LE COMTE
Je comprends. Ah! morbleu! mais je n'ai que ma parole, tu auras tes cent piastres. Si je ne craignais d'ébruiter l'aventure, j'y joindrais autre cliose.
SAINT-JEAN
Tout ce que je demande à monsieur le comte , c'est un certiflcat de talents diplomatiques.
LE COMTE
En quoi l'as-tu mérité?
.•îfiÈNK XXTI. 201
SAINT-JEAN
Pour avoir tenu en échec penflant deux heures un diplomate aussi distingué que monsieui- le comte; avec cela je suis sûr d'être placé tout de suite.
LE COMTE
Comment! drôle.
Ah çà! et moi, mon établissement, mon voyage à Paris?
SAINT-JEAN
Je vous y conduirai, aimable Napolitaine, si vous voulez accepter ma main ; je vous ai promis un amoureux. (Présemant sa niaio.) Eh bien! je vous ofl're un mari.
ZANETTA
Ce n'est pas tout à fait la môme chose ; mais c'est égal, je me risque et je pars pour Paris.