SCÈNE PREMIÈRE
SUZETTE, occupée à travailler près de la table, à droite; PfNCHON,
parlant à la cantonade.
PIISCHON.
Soyez donc tranquille, cousin, je ne réveillerai personne, et j'attendrai qu'on soit levé. (Entrant et apercevant Suzette.) Eli! qu'estce que me disait donc Bertrand, mon cousin, que tout le monde dormait au château? voilà mademoiselle Suzette qui est déjà
Kpied.
SUZETTE
'est monsieur Pinchon, le fermier de M. le comte? PINCHON.
th! oui, vraiment. Aujourd'hui, à cinq heures du matin, moi et ma femme, madame Pinchon, nous étions hors du lit,
parce qu'à la ferme on dort aussi bien qu'au château; mais l'on dort plus vite, excepté le dimanche; car on fait son dimanche. Mais pardon, mademoiselle Suzette, ce sont là des détails de ménage. Ma petite femme m'a dit comme ça : « Pinchon, je vais au marché, où tu viendras me rejoindre. Toi, pendant ce temps-là, va compter avec M. le comte, et lui porter le prix de ses fermages; » car, afin que vous le sachiez, c'est aujom'd'hui la Toussaint.
SUZETTE
Oh ! l'on sait combien vous êtes exact.