ACTE I, SCÈNE XTII
M. DE BREMONT
J'ai un autre service à te demander.
BERTRAND
Qu'est-ce que c'est?
M. DE BREMONT
Il faut te marier.
BERTRAND
Me marier!
M. DE BREMONT
J'attends cela de ton attaciiement et de ton amitié.
BERTRAND
Permettez, général; c'est autre chose.
Air du vaufleville de la Somnambule.
Je sais c' que j' dois de r'connaissance A vos bontés, à vos soins généreux; Mais ça 11' va pas jusqu'à braver la chance
D'un hymen plus que périlleux :
Mieux vaut cent t'ois allronter un' batt'rie; Car, vous 1' savez, j' vous ai voué mon bras, J' vous dois mon cœur, et mon sang, et ma vie; Mais, général, la tète n'en est pas.
M. DE BREMONT
Cela va sans dire; aussi tu ne risques rien; un ange de douceur et de bonté, un vrai trésor.
BERTRAND
C'est égal, j'ai déjà pris la liberté de vous dire (inoutrant son cœur.) que la position était occupée par des forces supérieures; ce qui veut dire que j'aime quelqu'un.
M. DE BREMONT
Quelle que soit cette personne, elle ne peut valoir Suzette.
BERTRAND
Suzette!,.. est-il possible!... mais c'est elle que j'aime, et que je n'osais vous demander.
M. DE BREMONT
Vraiment !... eh bien ! il me sera doux d'assurer le bonheur des deux personnes que j'estime et que j'aime le plus au monde.
BERTRAND
Je n'y tiens plus ; ça m'éloulle, cela me sufloque; et je n'ai q\i'un regret, c'est de ne. pouvoir me faire tuer pour vous.
M. DE BREMONT
Aujourd'hui, cela ne se peut pas ; cela dérangerait ton ma riage.
BERTRAND
C'est juste, vous avez raison; mais ça se retrouvera, moi général, ça se retrouvera, faut l'espérer. Avant tout , cepen dant, vous m'assurez que mademoiselle Suzette y consent.
M. DE BREMONT
Oui, mon garçon, pourquoi pas? tu as trente-six ans, tu e jeune encore, tu es bien fait.
BERTRAND, moutrant sa jambe.
Oui, si ce n'était ce qui me manque.
M. DE BREMONT
Qu'importe? c'est un malheur, et tu ne m'as jamais expli que comment cela t'arriva il y a deux ans. Que diable! dan; notre état on n'a jamais vu se casser la jambe en tombant.
BERTRAND
Il est de fait que je méritais mieux que cela ; mais de c( temps-ci les boulets sont rares j il n'y en a pas pour tout h monde. Enfin c'est toujours là ce qui me faisait trembler.
M. DE BREMONT
Tiens, voilà Suzette elle-même qui va te rassurer. SCÈNE XlV.
Les précédents, SUZETTE, entrant par le fond. FINALE.
Fragment du finale du deuxième acte de la Dame Blanche. M. DE BREMONT, allant au-devant de Suzette. Approchez-vous, m;i clièro fille. BERTRAND, à part.
Dieu! qu'elle est ainiaMe et gentille!
M, DE BREMONT
Vous m'avez promis ce matin De prendre uu époux de ma main; Et le voici.
SUZETTE
Grand Dieu.'
BERTRAND, bas, à M. de Brcraout.
Mon général, je tremble.
Je ne pourrai Jamais lui plaire, eu mu semble.