‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 2)Chapitre 284 sur 307 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

GUIDO, «eul.

Elle est sortie! elle me laiss»' eiilin; et maintenant que

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suis seul, dirai-je la cause de mes tourments? (s'avançant au

bord du théâtre cotiinie pour parler, et s'arrèlaut.) NOD. Je ne la dirai

pas, et l'objet même de ma passion l'ignorera. 0 Guido ! Guido ! réfléchis un peu. Un amour que tu n'oses t'avouer, n'est-il pas un amour criminel? Non, ce n'est pas un crime; ce n'est qu'une passion ; et, quand je dis une passion, ce n'est pas une passion. C'est une idée, une simple idée; et encore je l'appelle une idée, parce qu'il faut lui donner un nom. Car, sans cela, ça n'en n'aurait pas! Voilà donc, Guido, où t'a conduit la haine de Tespèce humaine! Tu es devenu un maniaque, un idéologue, et la seule défliiition que tu puisses donner de toi-même, c'est qu'il est impossible d'être plus bêle! Oui, je le suis; rien ne peut me justifier! et cependant, je ne siiis pas plus bête que toi, ô Pygmalion! qui adorais une statue! comme toi, j'éprouve un amour désordonné et incompréhensible ; comme toi, je brûle, et je brûle sans espoir; comme toi, mais, raison de plus, et comme tu le dis si bien, ô docteur Faust, ô mon maître ! si c'était possible , si c'était raisonnable, ce ne serait

plus une passion. (S'approchant du lit de repos qui est au fond.) Elle

est là... qu'elle est gracieuse et gentille! sa petite tête posée sur sa petite patte! pauvre petit minon! petit l'amour! (douloureusemont.) Elle ne me répond pas; est-ce qu'elle dort? est-ce qu^elle est morte? Minette, 6 dieux! Minette... non... non...

(Passant la maiii sur sa tète et sur sa bouche.) Elle a fait COmmC ça ! puis comme ça. On vient. (Fermant les deux rideaux.) Dieux ! si

l'on m'avait vu , il n'en faudrait pas davantage poiu* compromettre... (Apercevant Dig-Dig.) Un étranger! Quelle drôle de figure, et quel diable de costume !

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