SCÈNE IV
GUIUO.
It c'en est fait du jeune Guido , si vous ne m'enseignez pai» quelque moyen, quelque secret; il doit y en avoir, ô vénérable
«en.
DIG-DIG, avec mystère, but, je ne dis pas non. Vous sentez bien qu'on n'a pas été, pendant dix ans , près du Gourou sans avoir escamoté quelques-uns de ses secrets! et j'ai là une amulette dont la vertu est infaillible pour opérer la transmigration des âmes à volonté.
^l montre une bague.)
GUIDO
En vérité!
' DIG-DIG
Il suffit de la frotter, en prononçant trois fois le nom de Brahma.
GUIDO, vivement.
Ah ! mon ami, mon cber ami ! si vous vouliez me la céder, tout ce que j'ai, mon sang, ma vie...
DIG-DIG
Je ne vous cache pas que c'est fort cber. Ce sont des articles qui manquent dans le commerce; et à moins de deux cents florins.-..
GUIDO, allaut au cofTie.
Tenez, tenez, en voilà déjà cent; ils ne seront pas restés longtemps en caisse; et pour le reste, je vous ferai un billet.
DlG-DlG.
Dieu ! quelle tête ! et quelle imagination ! Si c'est ainsi que vous faites toutes vos aflaires, ô mon fils !
GUIDO, prenant la bague.
Elle est à moi ! quel bonheur! (ll court vers le lit où repose Minette.)
DIG-DIG
Prenez garde, prenez garde, vous ne savez pas ce que vous désirez; et, avant la fin du jour, vous vous repentirez peutêtre d'avoir fait usage de ce talisman; songez-y bien, ô jeune imprudent !
Air : Ce mouchoir, belle Raimonde.
Avant que ta voix anime Cet iHie qui te riiaruia.
Rappelle-toi la maxime
Que nous prescrivit Brahma! i
Cette maxime profonde , 1
Làvre trois, premier verset : '
« Ne dérangez pas le monde ;
« Laissez chacun comme il est. »
(a Guido, qui le reconduit.) Ne VOUS dérangez donc pas, je vous prie, (il sort.)