SCÈNE XVIII
DUCOUDRAI, ALPHONSE.
DUCOUDRAI.
Ah çà : il me semble que maintenant vous êtes les meilleurs amis de monde?
AI.PÎlONSE, la suivant des yeux.
Grâce au ciel, car, en honneur, elle est charmante.
^è LA DEMOISELLE A MARIER.
DUCOUDRAl, froidement.
Oui, pas mal; elle est assez gentille, ma petite lilleule.
ALPHONSE, avec chaleur.
Assez gentille ! La physionomie la plus piquante et la plus spirituelle, un œil vif et malin; et puis elle cause à merveille.
DIJCOUDIUI, froidement.
Oui, oui... elle n'est pas bète.
ALPHOISSEj ■vivement.
C'est-à-dire, la conversation la plus aimable et la plus amusante : de la gaieté, de la finesse ; et puis, mieux que cela encore, il y a là des qualités solides.
DLT.OIDRAI, avec indifférence.
Oui, c'est une assez bonne enfant.
AU'IIONSK, plus vivement.
Vous appelez ainsi la réunion des sentiments les plus nobles et les plus généreux... de la bonté, de la franchise, de la sensibilité; c'est un ange.
DUCOUDRAI.
Ah çà ! dites donc, mon jeune ami, comme vous prenez feu! Il me semble que depuis ce matin il y a du changement.
ALPHONSE
Écoutez, monsieur Ducoudrai, vous étiez l'ami de mou oncle, vous êtes le mien.
DUCOUDRAI.
Oui, sans doute.
ALPHONSE
Et bien ! permettez-moi d'abord de ne pas vous moquer de moi, ensuite de me servir.
DUCOUDRAI.
Et en quoi?
Je vais passer à vos yeux pour un fou, pour un étourdi, pour une girouelle,si vous voulez, ça m'est égal ; quand il s'agit du bonheur, on ne pensé plus à l 'amour-propre : je houvc Camille charmante, j'en suis amoureux, c'est la femme qu'il me faut, et je vous prie de la redemander pour moi àsgn père.
DUCOUDRAI.
La redemander! derechef! et en réitérant?
ALPHONSi:.
Oui.