SCÈNE XIV
ÉLISA
Vraiment !
JULES
C'est comme je vous le dis; à mon âge, à quinze ans passés, on est déjà quelque chose dans le monde; dans les fêtes, dans les bals où l'on se trouve, on se choisit déjà une inclination, celle avec qui on danse toujours de préférence...
KLISA.
Et vous aviez fait un choix?
JULES
Pas encore, parce que j'hésitais entre mademoiselle Mirai, la nièce de l'agent de change, et mademoiselle Lolotte, la fille du notaire; mais depuis que vous voilà, je n'hésite plus, et si vous voulez ce soir danser avec moi la première contredanse?...
ËLISA.
Impossible, je suis engagée.
JULES
Et par qui?
ÉLISA
Par M. Charles, votre frère.
JULES
La ! qu'est-ce que je disais? mais mon frère va partir pour son régiment, et c'est moi qui succéderai, n'esl-il pas vrai? et puis, dans quelques années, il faudra bien pensera mon établissement; et quand j'aurai dit à mon père que je vous aime ei que je veux vous épouser...
ÉLISA
Comment, Monsieur, y pensez-vous?
JULES
Est-ce que mon père peut blâmer les gens qui vous aiment et qui veulent vous épouser?
ÉLISA
Non, sans doute, et lui moins que personne, mais il y aura probablement d'autres obstacles.
JULES
J'entends, c'est la belle-mère qui ne voudra pas donner son
consentement.
Précisément.
78 LA IIELLE-MÈRE.
Jl'I.KS.
Dieu! les belles-mères! voyez-vous à quoi ça soit, les belle mères? mais soyez tranquille, me voilà son ennemi morte et pour commencer, j'ai mis bon ordre aux fueée« el aux pi tards.
ÉLISA
Mais voilà qui est très-mal.
JULES
Eh! mon Dieu ! vous aimez peiit-être les feux d'artific( mais laissez manquer celui-là, nous en ferons d'autres expn pour vousj car vous êtes si bonne, si aimable! Kt! c'est n .'<reur.