CI.AIBE
Ne devez-vous pas tantôt , ici , recevoir en secret un jeune colonel, M. de Givry?
ÉLISA
Oui, sans doute, un charmant cavalier.
CLAII'.E, à part.
0 ciel ! il est donc vrai ? (Haui.) Eh bien ! Madame, mon frère Charles, qui l'a appris, je ne sais comment, peut-être par le colonel lui-môme, car les hommes sont si indiscrets, celui-là surtout; enfin, mon frère Charles l'a répété à mademoiselle Turpin, mademoiselle Tmpin me l'a répétée
ÉLISA, souriant.
Voyez-vous comment les bonnes nouvelles se répandent!
CLAIRE
Comme eux, j'avais juré voire perte; mais je n'ai pas eu 1 courage de tenir ma parole; et sans leur en faire part, je su venue vous prévenir eu secret.
ÉLISA
C'est bien, c'est très-bien, et je n'oublierai jamais cet marque d'amitié.
CLAIRE
Ne recevez pas le colonel, Madame; renvoyez-le, je vous e prie.
ÉLISA
Et pourquoi donc le renvoyer?
CLAIRE
Comment, pourquoi? puisque tout le monde le sait, puisqi notre père lui-même en est instruit, et qu'il en est furieux.
ÉLISA
Quoi! mon mari pourrait soupçonner?..
CLAIRE
Vous voyez tous les malheurs qui vont arriver, et que voi pouvez détourner d'un seul mot; c'est de dire au colonel qi vous ne voulez plus le voir, que c'est un infidèle, un perfid( que vous ne l'aimez plus, et vous aurez bien raison. Du moin Madame, ce que je vous en dis c'est pour vous, et dans voti intérêt.
Vous croyez! c'est étonnant. Depuis un instant j'aurais pe se... mais j'aime mieux éloigner une pareilje idée, et croi que dans le service que vous me rendez, il n'y a ni intéi personnel, ni amour, ni jalousie.
CLAIRE, interdite.
Quoi! Madame, vous pourriez supposer?...
ÉLISA
Cela serait, que je vous devrais encore de la reconnaissan pour un tel service.
CLAIRE
De la reconnaissance! eh bien! non, Madame, vous ne m'i devez pas ; et s'il laiil tout vous avouer, uvjuit di^ vous co naître, il m'aimait, ou plutôt il me le disait.