‹ Théâtre de Eugene Scribe (volume 2)Chapitre 86 sur 307 · SCÈNE H · texte numérisé non relu

SCÈNE H

ESTELLE, puis DERSAN.

ESTELLK.

Je ne reviens pas de ma surprise, lui, Dersan, m'aimera ce )oinl! ail! depuis que je le sais, j'ai encore plus besoin de jourage qu'auparavant. C'est lui, le voici.

DERSVN.

Mille pardons, Mademoiselle, d'arriver aujourd'hui de ïieilleure heure qu'à l'ordinaire; je venais vous prévenir que ;e matin je ne pourrai prendre séarice.

ESTELLE, froidiment,

11 fallait envoyer, et ne pas vous donner la peine de venir.

DEKSAN.

C'est que je voiilais.., parce que j'avais à vous parler, au lujet de cette aflaire dont vous m'aviez chargé; j'ai pris des nformations sur cet oncle que vous aviez en Amérique; j'ai déc qu'il est encore à Saint-Domingue, ou du moins qu'il y i laissé quelque fortune ; et peut-être alors auriez-vous des Iroits à l'indemnité qu'on accorde maintenant.

,< ESTELLE

J'en doute; mais en ce cas, quel indice, quelle preuve en

ivoz-vous?

94 l'onole d'amérioue.

DERSAN.

Aucune, jusqu'à présent. Mais j'espère en obtenir; et je vou demanderai à venir vous rendre cornt)te, chaque jour, du ré sultat de mes démarches. Le permclto/i-vous?

ESTELLE

Non, Monsieur.

DERSAN.

Ociel! et pourquoi?

ESTELLE

Je quitte cette maison, cet appartement, dès aujourd'hui.

DERSAN.

Que dites-vous? et pour quels motifs?

ESTELLE

Je n'ai pas besoin de vous les dire ; vous les connaisse mieux que moi, et j'aurais le droit de me plaindre d'une ge nérosité qui me poursuit ainsi sans mon aveu.

DERSAN .

Vous savez tout.... eh bien! oui, je n'ai pu vous voir san vous aimer, sans admirer votre com-age, votre résignatio dans le malheur... Orpheline à dix-huit ans, sans appui, san autres ressources que votre talent, vous aviez tout refusé d moi, et malgré ma fortune, je me voyais dans l'impuissanc de vous secourir, si je n'avais eu l'idée de vous tromper.

Air :

Vdtre àmc, et lièro et généreuse.

Eût repoussé tous mes bienfaits; Kt c'était pour vous rendre heureuse Qu'en silence je vous trompais.

Si d'une femme on encourt la vengeance En faisant son bonheur... eh bien!

Égalez la peine h l'otîensc ; Veiitriz-vous en f,iis;iiit le mien.

Je suis maitro d'une fortune considérable, et quelles qu soi( nt les idées de ma famille, elle ne peut maintenant eiri pêcher ce mariage.

ESTELLE

Quoi! vous ne craignez pas d'offrir votre main à un pauvre or|)heline, à une artiste? Jamais, Monsieur, je h'oi blicrai une telle marque d'estime. Mais je dois songer à rao tour à vdti'c réputation, à votre avenir.

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