‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 101 sur 265 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

MADEMOISELLE JOUVENOT ta s'aueoir dotant la cheminée en fond et i« chauffe les pieds, LE PRINCE, L'ABBE, entrant Tivement par la seconde porte k droite et se retournant avec agitation.

LE PRINCE, courant à Ini.

Ah! c'est toi, Tabbé!... (S'efforçant de rire.) Viens donc recevoir mes consolations... ou plutôt me prodiguer les tiennes. l'abbé.

Comment cela?

LE PRINCE

L'aventure la plus piquante pour nous deux»*,

l'abbé, à part.

Est-ce qu'il s'agit de sa femme ?

LE PRINCE

Pour toi, d'abord... tu sais notre pari de tantôt, ces deux cents louis... au sujet du comte de Saxe...

154 ÂSRtËI^NE LEGÔUlTKEtE.

L ABBÉ^ vivement.

Le comte de Saxe... je viens de me rencontrei* nez à nez avec lui... comme il sortait de ce foyer... il y vient donc?

LE PRINCE^ vivement.

Preuve de plus!... et j'aurais^ parbleu, bien voulu le v^îp^

l'abbbi Nous le trouverons au numéro trois des premières loges

LE PRINCE

A merveille! il s'agissait de découvrir sa passion régnante...

L^ABBÉ

Oui, vraiment.*,

LE PRmCB Je n'ai pas été loin pour cela... (Uontrant mademoUelle Jonvenot.) Tout

m'a si bien secondé qu'il ne te reste plus, mon cher, qu'à f exécuter.

l'abbé.

Sur le vu des preuves...

LE PRINCE

Cest bien amsi que je l'entends... lis d'abord et dis-moi ton avi& sur ce billet d'invitation... tiens... (le lui aonnunt.) H n'est pas long, mais clair et précis !

l'abbé, HMnt.

' «Pour des motifs politiques que vous connaissez mieux que « personne, on désire vous entretenir ce soir à dix heures, dans « le plus rigoureux tôte-à-tète, en ma petite maison de la rue « Grange-Batelière, que j'ai fait dernièrement meubler ! Amour « et discrétion ! — Signé t GoNSTAifCEt y>

LE PRINCE, avec ètfl&rt.

La signature de la perfide Duclos

L ABBÉ, avec étonnement.

Constance !

LE PRINCE, aT«« impatience.

Eh oui ! vraiment! le nom ne fait rien à la chose. .«i le tiens ce billet de Pénélope, sa femme de chambre.

l'abbé.

Uni vous l'a remis?

LE PR1NCB.

Ou plutôt vendu à un taux d'autant plus exorbitant..^

l'abbé.

Qu'ici ces valeurs-là ne sont pas rares !

LE PRINCE, qui, pendant ce temp», a remonté le théUre, parlant à un domettiqn«.

Ce billet au numéro trois des premières^ sans^ire de quelle

part. (ReTenant prè» d« l'ahbë.) £t maintenant^ mon cher abbé^ j'ose compter sur toi !...

L*ABBÉ

Et pourquoi?

£ pRmcii. Pour te rendre témoin d'un éclat qiie je me dois à moi-même; je veui d'abord ce soir tout briser chc» elle. l'abbé.

Cest du plus mauvais goût pouf uû abbé et uH sarantl

LE PRIKCE.

Qua^d la science est trahie!...

l'abbé«

La science doit savoir se taire !... Le bruit est permis au comte de Saxe... à un soldat^ mais à vous^ presque parent de la reine... à yous^ un homme marié, ce serait un scandale...

LE PRINCE

On saura toujours l'anecdote... parce qu'ici, au Théâtre-Français. . . Tiens, (Montrant Mademoiselld Jouvenot, «pli est à là ebemioda.) VOilà déjà

mademoiselle Jouvenot qui n'a encore yu personne, et qui peutêtre a déjà trouvé moyen de le dire.

l'abbé4 Prévenez-la... Racontez l'histoire à tout le monde!... Faites mieux encoi*e... une vengeance digne de vous... Les deux amants n'avaient-ils pas résolu Je passer cette soirée dans le plus rigoureux tête-à-tété^ dans cette petite maison qui vous appartient?

LB PBIVfCB.

Je le crois bien ! louée et meublée à mes frais» l'abb*.

Raison de plus !..* je ferais comme chez moi... un souper ga^ lantj délicieux, où j'inviteraie ce soir toute la Comédie française, toutes ces dames

LB PRINCB, i«eotiiil k léMu

Un souper galant»., délicieux...

l'abbé« C'est moi qui paie> J'ai perdu le parié

LE PRIKCB> viveiiiMié

C'est juste!

L'ABBÉé

Au lieu du tête-à-tête, une surprise*., un coup de théfti tableau mythologique

itra^

186 adrunicb legoutbxue.

LB PRI«CB

Mars et \6nus.

l\bbé.

Surpris par... (S'interrompuit ) Ballet-comédie, vengeance en un acle! Vous, de votre côté, allez faire vos invitations.

LE PRINCE

Toi, du tien, le plus grand secret avec la Duclos... et nous aurons ce soir un succès d'enthousiasme. (On «ntaiMi m gnad bmit à» bravot.) Tiens, nous y sommes déjà...

MICHONNET, entrant.

Eh! oui, c'est Adrienne! Entendez-vous, toute la salle applaudit; mademoiselle Duclos ne sait déjà plus où elle en est,

LE PRINCE, Bp|)lBudwMnt.

Bravo ! cela commence.

MICBONNET.

Que dit-il?

LE PRINCE, avee eolira.

Bravo ! . . . bravo ! .. . bravo, Adrienne ! (n* aortsat par u pwt« à ga«ck«.)

MICBONNET, montrant la prince.

JTusqu'à celui-ci, qu'elle a gagné et subjugué... Une preuve pa* reille de tact et de goût !(â part.) Je ne Ten aurais pas cru capable.

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