‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 121 sur 265 · SCENE IV, ADRIENNE, MIGHONKET · texte numérisé non relu

SCENE IV, ADRIENNE, MIGHONKET

MICHONNET, à Adriennf, qoi, {{leiiçieuse, baisie lea yeot.

Ce que je viens d'entendre est donc vrai... le comte dfe Saxe st celui que tu aimes?

ADRIENNE, i voix basse.

Oui.

AfiTB IV, SCÈNÏ lY. iOi

MICHOIWEI.

Et que tu veux délivrer?

ADRIENNE^ de mêin«.

Oui.

Au prix de ta fortune?

ADRIENNE^ «Te«pMtion«

Au prix de tout mon sang !

MICHONNET.

Mais tu n*a8 donc pas entendu quUl ne t'aimait pàs^ qu'il en aimait une autre?

▲OIUENNE,

Je le sais.

MICHOimET.

Et tu oses me l*aYOuer... et tu n'en rougis pas...

ADRIEr^NE.

Ah ! vous ne pouvez pas comprendre, vous, qu'on aime sans le vouloir et malgré soi.

MICHONNET, tiveiMM.

Si!

ÀDRIEN»E.

Cherchant à le cacher à tous et à soi-même... en rougissant de honte, de cette honte qui est encore de l'amour.

MlCriOINI^Et, arec pastion.

Sij si, je le comprends I... pardon, Adrienne, c'est moi qui suif wn JQsensé de t'avoir parlé ainsi. Mais qu'espéres-tu?

Rien!..* (At^c uawr.) que de le sauver 1... Et puis, ne nous at-on pas parlé tout à l'heure d'une rivale, d'une grande dame?

Celle au bracelet, sans doute, celle qu'il te préfère et pour laquelle il t'a trahie.

ADRIENNE, portant la main à son eœnr.

C'est vrai ! mais ne me le dites pas, c'est comme si vous me frappiez lêk d'uu fer froid et aigu, et ce n'est pas votre intention.

MICHONNET, TÎTement et aveo bonté.

Ôh ! non, non ! tu ne peux le croire.

Cette rivale, je veui la connaître. (Aw énergie.) Je la connaîtrai ! pour lui dire : C'est par vous qu'il fut prisonnier, c'est par moi

193 ABUIENNE LBGOtryREUR.

qu'i] a recouvré la liberté, même celle de vous voir^ de vous aimer^ de me trahir encore... Jugez vous-même^ Madame^ qui de nous aimait le mieux.

mCHONNET.

Et lui?

ADRIK3niE^ aT«e méprit.

Lui!... il m'a trompée, j'y renonce à jamais!

MICHONNET, arec joie.

Bien cela !... Mais alors, réponds-moi, pourquoi tout sacrifier à un ingrat?

AORlESfNB.

Pourquoi? vous me le demandez! La vengeance m'est-elle donc intiBrdite et ne m'est-il pas permis de la choisir? N'avez- Yous pas entendu tout à l'heure qu'il s'agissait pour lui en ce moment de combattre, de vaincre, de gagner un duché... peutêtre une couronne... Et songez donc, ami, songez, s'il me la devait!... s'il la tenait de ma main! Roi, par la tendresse de celle qu'il a abandonnée et trahie!... Roi, par le dévouement de la pauvre comédienne!... Ah! il aura beau faire, il ne pourra m'oublier ! A défaut de son amour, sa gloire même et sa puissance lui parleront de moi ! Comprenez-vous à présent ma veo-

«c Comblé de mes bienfaits^ je veux l'en accabler! »

mon vieux Corneille! viens à mon aide! viens soutenir mon courage, viens remplir mon cœur de ces élans généreux, de ces sublimes sentiments que tu as tant de fois placés dans ma bouche. Prouve-leur à tous que nous, les interprètes de ton génie, nous pouvons gagner au contact de tes nobles pensées... autre chose que de les bien traduire! Ce que tu as dit, je le ferai ! (A Miehonnet.) Allcz, courcz le délivrer! Je vous attendrai chez

moi. (Elle tort par le fond.)

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