ACTE ï, SGJDOS YI
corderaient pas à ceux-là même qui les servent le mieux un regard d'affection ou de pitié!
MARGUERITE, lai tondant la main.
Je ne suis pas de celles-là^ Henri !
fiENRt, s'inelinant et lai baisant la main.
Ah! que j'étais injuste! Disposez de moi^ Madame; parlez! commandez!
MARGUERITE, Muriant.
Eh ! mais, je ne vous demande que d'achever votre histoire^ que vous avez prise peut-être d'un peu hauti
HEISRI.
Non, Madame, c'était nécessaire.
(Test juste; nous autres conteurs ou historiens, avons nos pri-
Tiléges...
HENRI
Quand le roi fut transporté en Espagne, je voulus le suivre» toujours pour vous obéir; mes blessures ne le voulurent pas; et on me laissa seul dans une forteresse;... c'est-à-dire seul)... aux soins du geôlier et de sa nièce... qui était ma garde-malade, et, gi'âce à sa protection...
MARGUERrrs;
Ah!... c'est là la protectrice dont vous me paiiiei*.* une jeune fille...
HENRI
NoD, Madame, une jeune femme.
MAB€OfiRlTB«
Qui vous aimait?...
HENRI, Tirenrat
Oh! non... Madaofkè. (Tristement.) Moi!... personne ne m*aime!
MARGUERITE
Vous meniez, car' vous rougissez ! Ainsi, c'est convenu, elle vous aimait... et vous aussi, sans doute?
HENRI, avec étialonr.
Oh! pour cela... je jure à Votre Altesse que cela n'était pas, et que c'était bien impossible.
MARGUERrrE.
Et... pourquoi?
HENRt, avee embarra*.
Pourquoi?... pour des raisons...
MARGUERITE
Que TOUS ne pouvez pas dire?...
HENRI
Si, Madame !... La plus forte de toutes, c'est que j'en aime une autre !
MARGUERITE
Bah! vous autres hommes , cela n'empêche pas.
HENRI
' Ah! quel blasphème!... Et si vous saviez... si vous connaissiez celle que j'aime!...
MARGUERITE^ Tivenent.
Je ne veux pas la connaître... mais je désire savoir le dénoû- . ment de votre histoire, qui n'en finit pas!
HENRI
Sfy voici, Madame, m'y voici... La nièce du geôlier, qui était venue passer quelque temps avec son oncle, la petite Sanchette, était mariée au courrier du roi, le seigneur Babiéça.
MARGUERrrE, étonnée.
Vraiment!
HENRI
Et en repartant pour Madrid, elle me dit tout bas : « Comptez sur moi ; avant un mois, vous serez libre. » Ce qui est en effet arrivé;... mais j'ignore comment...
MARGUERITE
Je le sais moi ! Parce que Sanchette et son man sont des puissances à la cour. Tous deux protégés par l'empereur, protégés par Guattinara, le nouveau ministre!... et vous pouvez en effet par eux...
HENRI, viec embamt.
C'est que j'aimerais mieux ne pas m'adresser à Sanchette...
MARGUERITE
Pourquoi?
HENRI, d« mêoM.
Je ne saurais le dire... (ViTemant.) Et puis, j'ai une autre protectrice!
MARGUERITE
Encore une!...
HENRI
Au moment où j'allais me prendre de querelle avec un capitaine des hallebai^iers, qui refusait de me laisser {tasser, parait une jeune dame devant qui je m'incline et qui, en entendant mon