‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 164 sur 265 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

FRANÇOIS I», CHARLES-QUINT, tooa laa dans daboil. GHARLMMQtmiT, nhtiUÀtl tWeoi^.

iiONii,^ '.'-' ..'V' :;; /.

FRANÇOIS, I^, da aêka.

Votre Majesté ! ,

.. «PARI^|=|-QqWT.

^e suis chez mpi... àm^ mon palais.? ' .

F^NÇ01$ 1^% ragurdant lei ainr« d« «^ priiMi et »vt\viU PaT)8 votre palais?,», soit !... (Il «Vuiad «t Çb^rlf^rQQint «pr^ loi. Apr«f

un iMtwi de fiienca.j. D'abord, mou frère, et popr o'y plus revenir, qué'je vous fasse un reproche. Comment avez-vous tant tardé à m'aeçorder cet entretien? comment avez-vous pu ajouter à Thorreuf'dë ma captjvrté Tespérance tant de fois déçue devons voir... de me plaindre, 4 vous-même, des privations que m'inposaienl, à votre insu, vos valets?... Pardon, mon intention n'û»t>pai9 dâ blesser Votre Msûesté...

liHARl'ES'ÛUIIiTi ifeabaplionit,.

Me blesser? au contraire... Tout ce que yom O>0)diteai sire.

je me 1(3 suis reproché souvent, plus amèrement encore que tous ne pourriez le faire... mais la faute n'en était pas à moi I,

PAANÇOIS !•'.

Et à qui donc?

CHARLES-QniNT»

Ignorez-vous donc combien le conseil de Castille est jaloui de ses droits et privilèges? Empereur d'Allemagne, on nem^a per^ mis d'être roi, à Madrid, qu'en partageant le trône avec Jeanne ma m^re.. et malgré son état de démence, tous les actes du pouvoir sont toujoufs revétns de son approbation, ou plutôt de celle du conseil de Castille qui la représente; et vous ne savez pas ce que c'est que le joug do ces vieux précepteurs de rois... surtout quand c'est à eux que l'on doit la couronne et que, sons peine d*ôlre ingrat, on n^ose leur rompre en visièro •

En vérité!

CHARLES-QUINT

Je voulais, moi, qu^on vous donnât pour prison un palais, avec une lieue de forêt pour la promenade et lâchasse !... mais mes vieux conseillers prétendaient que Votre Majesté tenterait de s'échapper... (MoafemeDt de François i«r.) ct leur prudencc exagérée... . - .

FBANÇOiS 1^, «Ten iniittiww*

Devait mal s'accorder avec votre franchise... N^en iMirlom plus ! Vos conditions, sire?;..

CHARLES-OniNT, TiTement

Mes conditions, à moi!..: aucune!... Mais je suis bien obligé de vous apporter celles du conseil. La longue et terrible guerre que nous venons de soutenir contre Votre Majesté, nous a tellement obérés, qu'on exige, pour réparer ilos pertes, qu'une rançon de douze cent mille écus d'or soit payée par la France...

FRANÇOIS 1*% froidemenU

Par la France?... Non pas; mais par moi. Je vendrai mes domaines, mes apanages, mes diamants. Accordé!

CHARLBS-ODI«T,

Il est naturel qu'avec un ennemi si redoutable, on prenne ses garanties! On exige que vous abandonniez toute prétoi.tion sur riuirie et les Pays-Bas.

AQTE II> SGiNE IZ. 365

FRANÇOIS l*'^ tne 4oo\nT. .

Perdre a'un tiut <ie plume ces conquêtes achetées par tant d^oretdesang!...

CIARUtS-QUINT, tiftiMnt.

Et vous pourriez dire, par tant dimmortels exploits ! Mais, injuste ou non^ le sort des batailles vous, les a fait fierdre.

FRAKÇOIS I*', ATte ehilear.

Et, IHeu. aidant, je peux les regagner!

CHARLES-QUinX.

Vous en êtes bien capable, sire, et c*est justement ce qu'on veut empêcher...

FRANÇOIS l*', ànt hmwr «t m lenal

Sort... Accordé!

CHARLES*QUmT.

Après...

Après ! (S« ruMyMU)

CHARLES-QUTNT.

Ceci est un acte de reconnaissance et de bonne foi, un engagement solennel contractépar TEspagne, envers le connétable de Bourbon...

FRANÇOIS I^, afM ««lèn.

Le connétable? cet infâme 1... ce traître !.••

CHARLES-ODINT.

Qui nous a loyalement servis... pour un traître!... Et le conseil demande, pour prix de ses services, que Votre Majesté Tindemnise, et au ddà, de tous ses biens confisqués en France.

FRANÇOIS 1*', Bf«e eotère.

Le payer! pour m'avoir vendu! (Se eonienant.) Prenez garde, sire... ne donnez pas, pour vous-même, un pareil exemple I... Il peut y avoir du danger à payer les traîtres.

CHARLES-QUINT, froidemanU

Il peut y en avoir à ne pas les payer...

FRANÇOIS 1"', ngardsBt CbtrUi-Qaiiit âvee m^pri*.

Les craindre est plus honteux encore que de s'en servir, et Votre Majesté entreprend là une lourde tâche pour ses finances obérées, car si elle estime aussi haut la. trahison^ j'ignore de quel prix elle pourra payer la loyauté de ses iidèles sujets!... Gela TOUS regarde, sire. Accordé •

. CUAAI^ES-fiUnfT, Évce joMi

AhU.

9M LES CONTES- lAs ïk ÉEfîte^$8^NATA&RE.

roaehonfhàoùB à(ait daim la tnai«; ^ sfgnMiar hôtifê tfklA'

CHARLES-QUINT. •••'

le ne le puis^ par Bfinilfaeiirr^^i^^''<%nière condition. ^

*' " ' rMNÇÔI8I*^'tfeVf»ptiî«M«. ' 7

Encore aneaatrêf... '^•.•

Celle-là est la justice fliéib^l.;. f^iymmlë^émé'mëiiéktS^^"^ refuser!

nungois.!^.

Quelle est-elle? Voyons.

Le roi Louis XI^ qui fut un grand politiqiiey- '«l'^^eckMipiiérait plus de provinces parlftpllrrlaîe^ttc d'autres par Tépée, avait usurpé sur nos pères^ et annexé à la France^ le duché*éë Bi^rgogne... •"' ^--r.-

FRANÇOIS l*% ne penvant se contAlf."" ''"' '' '

fiC duché de BourgogneT... Il à'jf^ti'èntrer dans votre pensée qTO'JecmTsent!Pàîs4l'ttbknddnti«î»';..'à'te*côftet^^^^^ * *

'■ ' 'CtrAULBS-^QDtîfr.' • '

Cest-à-dire, à le rendre...

'VRANÇ0T8 l y té ratant.

Ah! c'est trop Wgteifl^ {««iter ttià [«ttièHte !.: ' ^

'GaMëc^vouk/'Hipe*; qne voftre KiodératfMi é^te'la wiMiher

PftANÇ0I6'I*% tVee TiolMce.

Assez dé railtevift^ Bire, ou^ par le ciel I je M Fépondmii (M de moi! , . " '

• prÀnçois I*

Croyez-vous que j'aie été dupe et celle feinte modération, de votre fausse bonhomie et de vos prétentioneau rWe de jeutie homme en tu4eUe?^ me- suie cofiteiHi> cèpendam, et quelque cruels que fussent les sacrifiées qu'on edgeilit, quand, ai>#ès tout, ils ne regardaient que M^i, qi^nd ilsn'attftqifaient que w^ trésor?, à moi^ mes btensy à moi^ mes «onqùètee ou* mon oi^ guêii, j'ai tout accordé; mais s'attaquer à la Franèe, mais ma demander son morcellement et son déshonoeart... aior.4 te souverain se relève et*¥OU»ilit { Moi^ vi^nt^ vous n'y toucherez pas!... ...liiA

CHAULli QBiirrj Très-bien! si vous étiez' en 'f^rance^ etifaMfOM rojtdflM;

mais vous oubliez que vous êtes à: Madrid !

..-/•• ■'...., •Mkxnçttigfw/' ^'-''' ••• '■•• •• "••

Et YoiM aussi, YoUs roubliëj, eh (hSUltfiinf trft enheml dé* sawnéî lïàîs lewî Captif aun t^uplfe'cjùr n'a pa» besoin de chef pour combattre et repousser Télrarige^j le' Wfî captif a des alliés quUndigne -YQ^re' aMMCkri^V'^^ le roi d'Angleterre,

HenrtVftr:;. •' ' •••. • ' •/ , .^ .y' ^

<ctt[ÂaLÈlHlOflKt«

Pent lever en yoire ftivéur des ârméeç çt des flofies} il trou- Ycra Charles-Quirit partout .. .

FRANÇOIS i*^. '

Exceptç sur les champs de bataîllèî

CHARLES-QUINT^ aue btatQor.

Et pourquoi 4opc? .,.-..

Parce que vous n*ayes^j$\](Qaji9 t^pu,UII§ épée de votre vie. 'cHARLES-Quwar. '. ; '\ '\ , • ,;

Moi ! (Henri d'AIbrat sort ^^ p<wte ^StUfWb)/ / i

HENRI, à part. .I.V'v ;• "•

Qu'y a-t-il donc?

PRANÇ0U&1*% ^m. ài^rtamt.

Il s*est livré de beaux combats depuis que vous avez âge d'homme ;-'toU!r n'en avez vu aueiin. Votre toyatifaé'i^est enrichi de nombreuses conquête^..., vou^ n'en avez fait aucune. Qui commandait les Espagnols vainqueiK:»^ko$la. .^avapr^fw.. Villalva! dans le Mil^pAi9?,^olonna! dans I4 Câstille! le comte de Haro! mais GharïeeHQuiml».; absent, tpujûui'3r|U)sei2tI«..

«HAlibEHH^lNTy Iwn de loi»

Sire!... '•..•.<;'.-•

HENRI, s'aTanfMMnpr** dt'FnnÇoi* I***

Sire, au nom du ciel!... !.•::;.'.• •..,. .

C'est toi, Henri!... ta ciel t'eovoie....4 Ilif àoniflh tétnoin/de ma vengeance... (a chariea-QuM.) Enfin, les Espagnols ont vaincu les Français à Pavie!... Qui était lôurcbeff;.^ ooF^panfais!;:; on Français félon! Oui, pour vaincre la Frauce, il vous a fallu achctei' l'aide de la Franco, l'acheter par la trahison, par la corruption.... votre couvage, à vous U». j> ■ 1

268 LIS CONTES. ms la «EIIIE de IfAYARlUB,

CHARLCB-QUINT.

Ah! je ne supportehû pas un tel outrage!

FRANÇOIS i**.

Prouvez-le donc ! Vous avez une arme au côté, et d'Albrel me donnera la sienne; Tépée à la main^ et vidons ici notre querelle, en chevaliers, avec Dieu pour juge l... (Moamm iTAibrai.) et un gentilhomme pour témoin.

CHARLBS^UUT, froidMMnt.

Je conçois, en effet, sire, que ce parti vous conviendrait; mais la victoire me fût-elle assurée, je demanderais à Votre Majesté la permission de ne pas la priver d'une existence qui m'est aussi chère qu'utile;' quant à la mienne, je la tiendrai en précieuse et digne garde pour vous prouver que, saus vous égaler en prétendu héroïsme, on peut vous surpasser en renommée. Pendant que vous resterez immobile et enchaîné... j'avancerai toujours, toujours, et ne m'arrêterai dans ma marche, que lorsque TEurope entière m'appartiendra, à commencer par la France. Adieu!

(Il sort.)

HENRI, avec indignation.

La France, à lui !... jamais!

FRANÇOIS I*', d« mte*.

Tu dis vrai.

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