‹ Théatre de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 99 sur 265 · ACTE n^ SCÈNE IT; U · texte numérisé non relu

ACTE n^ SCÈNE IT; U

APBIEMnE.

Mas! non!

MICHONIIET.

Pour ce soir^ du moins ! Adrienne, mon enfant, soi^ magnifique! je t'en supplie, sois magnifique; si ce n'est pas pour moi, eh bien! que ce soit dimt rintérèt même de cette folie passion ! L'amour d00 homme» ne ?it que d'amour-propre!... et si la Doclos remportait iur toi... ei tu n'était paa la plut belle!...

▲DUEHHB, pMiMiiit un ni.

Je le serai!

Merci!

ÀDBIBims;, atee 4qM»tio«, «t lui tt«4ittt I» iMia.

Cest plutôt à moi dç tous remercier^ mon excellent ami!...

Dis plutôt ; imbécile de Michonnet!... (Prêt k *'w «Uer, nffMntw* M pM.) 11 y a un endroit que tu négliges toujours ; ,

N'auraig-Je tout tenté qtie potur une rlTaie!...

Vois-tu, Adrienne... cette pauTre femme! ce qui excite encore plus son dépit, c'est que c'est justement pour une rivale que... tu sais... et alors... elle éprQuvet*. )À... elle se dit... Je ne peux pas bien rendre l'expression... mais tu me comprends.

ITaorais-je tont tenté que pour une rivale I... (Test cela!

Ne craignes riei) t .». Mais vous... ce que vous voulies me dire.*, tout h rbeure,,, de vos idées de mariage î

MICHONNET, vivement.

Non, c'est inutile, ce n'est plus le moment... Je te laisse étudier. (À port.) Allons, j'ai beau faire, je ne peux pas sortir de mon emploi de confident... M l'héritage de mon oncle, et mes projets... {B«piTiitft Me briw.) N^ pcnsons plus à rien.,, à rien au

monde l.^, (II ttH qvt^mi fu po«r sortir par U port» 4 gfiQche êi reTîoot près d'A^

dricnu, <|vi «MPt d* irvMT'W k Aéfttm «i r«pas«« à 4roiip.) Buis une gorgée d'eau an entrant en nobi^, et surtout n'oublie pas... tu sais, ton... enfin, comme tu a^ dit U*» i^^vu)

emsy^i utiicnECiL

sizn: T.

im lUIln;

?^ Siiîî

■ *i"fci «l*» patMb fa*!! regarde.

C^sc 1191^ jf 5jy^ét iiOi tJie francise... beau de gloire fB"« tavasut ces longs corridias, où

--*"--' I :-:rt5?*„ oq si^rit là comiiie UQ ,ij>i *>û j Tient, comme moi, pour la i'trspêre, pej-sonne ne m*y coouaît, .

wt iB|stere est le deroîcr égîtrd qut; je

^îHîi

To«i! îeiî

fêtais arrivé Jej de TOUS l

Mtsérkor

Unh

ACTB n, scfons t.

AORIE^E.

Improdent!... me compromettre!

■ADMCE.

En quoi? Parce qo^oo n'est pas gentilhomme de la chambre^ on n'a pas le droit de tous admirer de près... Il faut à Fécart^ dans un coin de la salle^ frémir ou sangloter^ sans ^ous remercier de ce cœur que tous avez fait battre ou de cette tète que TOUS afez exaltée... il aurait fallu attendre jusqu'à ce soir pour vous dire : Adrienne, je faime !

ADBIENIIE^ mettant un doigt nr m boneh«.

Silence! (Lai mootmt son Mstoine.) Roxane va TOUS entendre! Mais avant que je tous renvoie^ dites-moi bien vite, car à peine ce matin ai-je pu vous entrevoir... avez-vous fait de bien belles actio fl^o5g|gj»p porteE-Tous quelque beau trait bien béi*oïque?

Aht s'O n'avait tenu qu'^ ^ml,.. ^^

jeane général , le comte de ^oe je voudrais bien voir.

i...Mais

fait frémir,

vous suivez

les vôtres! Je

vous écoute,

v(is actions de

. je devine en

héros cîo tous les ciU, daos le coup

45C ABRItNNE LEGdtTYEEttti.

d'œil^ je ne sais quoi qui sent son Rodrigue et son Nicomède».. aussi, vous arriverez!

MAtmiCfi.

Vous croyez?

AdRlENRË.

Vous arriverez !... je ôaufâi bien t'y fottei».*

itÀumcÊ.

Comment?

ADRIENNË.

Je vous vanterai tant le comte de Saîe, vaifé jeune compatriote, dont toutes Ces dames raffolent, qu'il fkudr* que tous régaliez, ne fût«e que pai* JalôUSié!

MAÛRtCE^ souriant.

l6 n'ai pas Idée que je sols jamais jalôut de lui!

ADfttERNË.

Présomptueux ! mais avez-vous tu le ministre Y

MAtJRtCfi.

Pas encore, mais je vais lui écrire.

ADRIENRB.

Oh! noQ^ n'écrivez pas!

KAURICË.

Pourquoi?

ADRIElfllE.

Parce que, vous savez... rorthogrftphe...

MAURICE

' Eh bien?

ADRTENNE.

Eh bien! la première lettre de vous que j'ai reçue était bien chaleureuse, bien tendre, et elle m'a touchée profondément, mais en même temps elle m'a fait rire aux larmes... Une orthographe d'une inveutiott !

MAtnuCE.

Qu'importe ! je ne veui pas être de TAcadémie.

AbRIENNB.

Ce n'est pas cela qui vous en empêcherait. Maïs vous savez bien que je me suis chargée de felre votre éducation, mon Sarmate, de vous polir l'esprit...

HAtRlCB.

Et moi, je n'ai point oublié mes promesses ! qUe de fois, làbas^ j'ai appris des scènes de Comeillel

ACTB n, SCÈf^ T. 151

ADltlGNKfi^ avec admlnlioa*

Vous pensiez à Corneille ?

Non pas à lui^ mais à yous^ qui Tlnterprétez si bien!

▲DRIEIIMV*

Et ce petit exemplaire de La Fontaine, qod je YOtis avais doâné

en partant?

MAURICE

Il ne m'a jamais quitté... il était là, toujours là«.. à telles en-» seignes qu'il m'a sauvé d*une balle dont il a gardé l'empreinte...

^oyez plutôt?

EtYousTavez luf

MAtJRlCB*

Ma foi, non !

ADRIENNli

Pas même la fable des Deux Pigwms, que je Touft avais recommandée?

MAURICE

C'est vrai... mais, pardonnez-moi, ce n'est qu'une fable

tDRIEHRE, d'dn air d« reproche.

Une fable ! vous ne voyez là qu'une fable ! (RédUnt.) Deux pigeons s'aimaient...

(ÀTee expression.)

D'un amour tendre.

liOmmenoos!

ADRISRNR.

L'on deux, t'ennuyant au logis.

Fut assez fou pour entreprendra Un voyage en lointain pays I

MAURICE, n

Gomme moi!

ADRISHRl» .

L'autre lui dit : Qu'allez -yous faire?

Voulez-vous quitter votre frère?

L'absence est le plus grand des quuUI Non pas pour vous, cruel!

MAimiGBi

Est-ce qu'il y a cela?

452 ABEIEIWE LECOUYRElJft.

ADRIEimE, eontinutnU

Hélas! dirai-je^ il pleut !

Mon frère a-t-il tout ce qu'il yeut, • Bon souper, bon gtte et le reste!

MAURICE

Le reste ! ah! après? après ?

ÀDRIENNE^ souriant.

Après? (AfeefineiM.) Ah! Cela vous intéresse donc^ Monsieur? et si je vous disais les malheurs de celui qui s'éloigne... et plus encore^ ingrat^ les tourments de celui qui reste... (yiTem«nt.)Non^ non!

Voilà 008 gens rejoints^ et je laisse à juger

De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines!

Amants^ heureux amants, Toulez-vous voyager !

Que ce soit aux rives prochaines.

Soyez-vous l'un à l'autre un monde toutjours beau.

Toujours divers, toujours nouveau ; Tenez-vous lieu de tout... comptez pour rien le reste»

MAURICE

Ah! quand c'est vous qui lisez^ quelle différence! c'est bien mieux que La Fontaine !

Impiel

MAURICE

A votre voix, mon cœur s'ouvre, mon intelligence s'élève, tout me devient facile!

ADRIENNE, souriant.

Tout!... même l'orthographe!

MAURICE

A quand ma première leçon ?

Ce soir, après le spectacle, venez me chercher... voici mon entrée.

Adieu !

Vous allez dans la salle?... (Vifement.) Vous m'écoulerez... {km tendreue.) Tu me regarderas ?

MAURICE

Aux premières, à droite.

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